Arianespace confirme sa domination (Le Monde)

Je pense que l’euphorie était exagérée, il en est de même pour la perspective d’un retournement de situation, évoquée par certains.” Lors du salon World Satellites Business Week, qui réunit tous les professionnels du monde spatial à Paris, Jean-Yves Le Gall, le PDG d’Arianespace, a pris, mardi 7 septembre, le contrepied des déclarations entendues lors de cette manifestation.

Pour le patron du lanceur européen, rien n’indique que ce secteur est à la veille d’un retournement soudain de cycle. Le marché des satellites, qui avait gravement souffert de l’explosion de la bulle Internet au début des années 2000, est reparti à la hausse voici quatre ans. Aujourd’hui, les applications venues d’Internet, la multiplication des offres de téléphonie mobile, le développement de la télévision haute définition (TVHD) et maintenant de la 3D confortent toujours le secteur.

Cette demande est d’autant plus importante que, depuis peu, elle émane aussi bien des pays développés que des zones émergentes telles l’Inde, l’Amérique latine et l’Afrique. Le patron d’Arianespace voit un signe de cette évolution dans l’un des titres récents de la presse indienne signalant que, dans ce pays, il y a dorénavant plus de téléphones portables que de salles de bains. Le marché des satellites est aussi porté par l’arrivée de nouveaux intervenants.

Dans ces conditions, pour M. Le Gall, le marché mondial va continuer de fluctuer autour d’une vingtaine de contrats par an dans le monde. Depuis le début de l’année, Arianespace a emporté neuf contrats sur les treize annoncés, confirmant ainsi sa place de numéro un mondial avec plus de la moitié du marché des lancements. L’objectif de dix à douze contrats signés cette année est en passe d’être atteint.

NOUVEL ACTEUR AMÉRICAIN

Les opérateurs de satellites ont, quant à eux, un choix très réduit pour faire lancer leurs satellites, puisqu’il ne reste plus que deux grands acteurs : Arianespace et le russo-américain ILS avec les fusées Proton. Leur concurrent américano-ukrainien Sea Launch (fusées Zénit) a été mis en faillite, étant lourdement endetté et pénalisé par une politique de prix très bas. Quant au lanceur chinois Long March, les opérateurs, pour pouvoir l’utiliser, doivent acheter des satellites dits Itar-free, c’est-à-dire sans composants américains, les Etats-Unis interdisant la vente de certains éléments sensibles fabriqués dans leurs pays à la Chine.

Toutefois, un nouvel acteur, l’américain Space X, est en train d’arriver sur ce marché avec la fusée Falcon 9, dont le premier vol d’essai a eu lieu cet été. La Nasa lui a déjà passé des contrats. Mais il faudra encore du temps pour venir troubler le duo-pôle existant.

Dans ces conditions, Il est difficile pour les clients d’obtenir des prix plus bas, d’autant que le lanceur européen a toujours refusé de se livrer à une guerre des prix. “Nous offrons des services de qualité, souligne régulièrement M. Le Gall. Proposer des lancements réussis et à l’heure, cela a vraiment une valeur.” Arianespace s’appuie pour cela sur les trente-huit tirs consécutifs réussis d’Ariane 5 ECA depuis sept ans.

Le groupe européen va dès l’an prochain offrir à partir de Kourou une gamme complète de lanceurs. Si Ariane 5 est dédiée aux gros satellites, Soyouz enverra ceux de taille moyenne de plus de 3 tonnes et l’italien Véga les petits charges. Pour 2011, Arienespace prévoit sept lancements d’Ariane 5 et le premier vol de Soyouz à Kourou à la “fin du premier trimestre ou au début du deuxième”.

Dominique Gallois

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