Vol AF 447: lancement de la 3è phase des recherches (AFP)

RECIFE (Brésil) — Le coup d’envoi a été donné jeudi dans le port de Recife (nord-est) à la troisième phase des recherches en mer des boîtes noires de l’Airbus A330 d’Air France.
L’avion s’était abîmé dans l’Atlantique entre Rio de Janeiro et Paris dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009 avec 228 personnes à bord.

“J’avais fait part en décembre dernier aux familles brésiliennes de notre intention de reprendre les recherches. Je suis revenu au Brésil pour annoncer leur lancement”, a déclaré le directeur du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), Jean-Paul Troadec, lors d’une conférence de presse.

“Sans la découverte de l’épave et des enregistreurs de vol (boîtes noires) on ne pourra connaître les causes de l’accident”, a-t-il souligné rappelant que “sans succès jusqu’à la mi-août, les recherches avaient été interrompues”.

“On les reprend avec de nouveaux moyens, avec ce qui se fait de mieux au monde, en raison d’un relief sous-marin très accidenté. Les équipes travailleront sous la direction des équipes du BEA”, a ajouté M. Troadec.

“La priorité est de retrouver les boîtes noires et de localiser l’épave. Si l’on retrouve des corps, des dispositions ont été prises pour les hisser à bord et les garder en chambre froide”, a ajouté M. Troadec.
Il a expliqué que la préparation avec des scienfifiques internationaux avait duré six mois et que la “zone de recherches a été mieux délimitée. Elle est dix fois plus petite que la zone initiale”.

Il s’agit d’une véritable expédition avec une centaine de personnes, dont enquêteurs et équipes d’opérations maritimes et sous-marines embarquées sur deux bateaux chargés de matériel hautement sophistiqué.
“Anne Candies”, en provenance des Etats-Unis, et le norvégien “Seabed Worker” sont déjà arrivés dans le port de Recife (nord-est du Brésil à 3.000 km de Rio de Janeiro) et sont équipés de quatre sonars et trois robots.

Les deux bateaux partiront dimanche vers la zone de recherches et devront y arriver deux ou trois jours plus tard. Les groupes norvégien Seabed, américains Woods Hole oceanographic institution et Phoenix international, et allemand IFM-Geomar, participent aux opérations.

“Nous sommes bien familiarisés avec le genre de terrain (sous-marin) que nous allons trouver et nous allons travailler avec trois robtos sophistiqués”, a affirmé Dave Gallo, directeur de projets de Woods Hole.
Cette nouvelle phase de recherches qui durera 30 jours “et si nous avons du succès, beaucoup moins”, coûtera dix millions d’euros, a dit le responsable du BEA.

“Nous avons bon espoir de récupérer les enregistreurs de vols et de pouvoir lire leur données”, a affirmé Alain Bouillard, en charge de l’enquête du vol AF 447. Ces données seront, selon lui, également utiles pour améliorer la sécurité des vols.

Les enquêteurs ont à maintes reprises assuré que les sondes Pitot de mesure de vitesse étaient certes défaillantes sur l’appareil accidenté, mais qu’elles ne permettaient pas à elles seules d’expliquer l’accident.
Jeudi, les associations des familles de victimes du crash AF447 d’Allemagne d’Italie et de France “ont pris acte de la confiance du BEA de retrouver les enregistreurs du vol” et exigent dans un communiqué “la plus totale transparence” au cas où les boîtes noires seraient retrouvées.

Le 1er juin, l’Airbus A330 d’Air France, effectuant le vol AF447 entre Rio de Janeiro et Paris avec 228 personnes à bord, s’était abîmé dans l’océan Atlantique, ne laissant aucun survivant.
Les personnes à bord appartenaient à 32 nationalités, dont 72 Français, 58 Brésiliens et 26 Allemands, selon le ministère français des Transports.

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