La fusée Soyouz bientôt prête à Kourou (le Point)

Stockées dans des conteneurs climatisés, à quelques centaines de mètres du pas de tir en fin de construction, deux fusées Soyouz attendent d’être érigées. Mise à feu prévue en juillet. Nous ne sommes pas à Baïkonour, ville depuis laquelle sont habituellement tirés les lanceurs russes, mais au port spatial de Kourou, en Guyane, le fief des fusées européennes Ariane, où, en sept ans, 35 lancements consécutifs sans faute d’Ariane 5 se sont tenus.

Avec Soyouz, Arianespace n’introduit pas un loup dans la bergerie mais se donne les moyens d’élargir sa suprématie mondiale. Le lanceur de classe des 3-4 tonnes (comme l’ancienne Ariane 4) s’insère entre les 9-12 tonnes d’Ariane 5 et les 1.500 kg de Vega, une fusée italienne qui effectuera son baptême de l’espace à la fin de l’année, également de Kourou. Une telle gamme permet de conserver, voire de gagner des parts de marché face aux Américains ; et de contenir la concurrence future de la Chine et de l’Inde. “Un lancement de satellites se vend au kilo, globalement 150 millions d’euros les 10 tonnes”, explique Michel Bartholomey, le directeur d’Arianespace à Kourou, évoquant le cas des orbites géostationnaires, plus chères que celles dites à défilement en basse altitude de quelques centaines de kilomètres prisées par les satellites d’observation. À 36.000 km, environ deux cents positions permettent de placer des satellites qui restent immobiles par rapport à la surface de la terre, tournant à la même vitesse qu’elle. Cela concerne plus de 50 % du marché civil très demandeur de ces relais de télécommunications et de télévision dans l’espace. “Inutile d’utiliser un autobus quand une berline suffit”, précisent les représentants de l’agence européenne.

Des coûts réduits

Ariane 5 peut lancer un, voire deux satellites en même temps et ne peut répondre aux demandes plus spécifiques de certains clients. Avec son offre de 3 tonnes de charge, Soyouz apporte une réponse à la concurrence américaine du tir monosatellite. Cette coopération, initiée en 1996 par François Fillon, alors ministre en charge de l’espace, a vite débouché sur un constat technique. En lançant Soyouz de Kourou, proche de l’équateur, on bénéficie de la rotation de la terre, plus rapide ici d’environ 500 km/h qu’à Baïkonour, le cosmodrome russe situé par 63 ° de latitude Nord.

À cet effet de fronde s’ajoute la possibilité de tirer dans toutes les directions depuis Kourou sans survoler de zone habitée, d’où des économies de carburant à emporter pour diriger la fusée ou pour corriger plus tard les orbites de satellites. Au final, Soyouz, tirée de Guyane, est plus efficace de 30 %. La réduction des coûts n’est pas directement proportionnelle et doit être corrigée par les frais de transport par voie maritime des fusées mais aussi des équipements du pas de tir, sans oublier les frais d’expatriation d’une colonie russe qui peut atteindre deux cents personnes.

Thierry Vigoureux

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