Accident Concorde : une enquête remet en cause la thèse officielle

À quelques jours de l’ouverture du procès sur l’accident du Concorde, le 2 février prochain, une nouvelle enquête, développée sur la base de 28 témoignages, rejette sur Air France la responsabilité du crash, qui avait fait 113 morts le 25 juillet 2000 à Gonesse, dans le Val d’Oise. Le journaliste Sébastien Thuray présente cette thèse dans l’émission Spécial Investigation diffusée vendredi soir sur Canal +. (Voir mes reflexions).

Une piste qui contredit les conclusions des enquêteurs du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) et des experts judiciaires et rejoint celle qui sera défendue par Continental Airlines au procès de Pontoise. La compagnie américaine sera sur le banc des prévenus, alors que toute responsabilité pénale d’Air France a été écartée.

Selon le BEA, organisme officiel responsable des enquêtes techniques sur les accidents d’avions, et les experts judiciaires, l’accident a été provoqué par une lamelle de titane, perdue par un DC10 de Continental Airlines qui avait décollé de l’aéroport de Roissy quelques minutes avant le Concorde d’Air France. Le supersonique aurait roulé sur cette lamelle, qui a fait éclater un pneu et déclenché une réaction en chaîne : perforation d’un réservoir, des fuites et inflammation de kérosène, menant à la perte de l’appareil.

La maintenance d’Air France mise en cause

L’autre scénario : le Concorde aurait pris feu près d’un kilomètre avant l’endroit où se trouvait la lamelle. Selon cette thèse, un pneu aurait été endommagé après avoir franchi un raccord entre deux portions de la piste, qui formait une petite marche de quelques centimètres. Le pneu aurait en effet été fragilisé par la surcharge de l’avion – une tonne et demie en plus – et par l’absence d’une pièce, l’entretoise, servant à équilibrer les roues, que les techniciens de maintenance avaient oublié de remonter. Le déflecteur d’eau, situé devant le pneu, aurait été arraché, venant percer un réservoir qui aurait provoqué l’incendie à l’arrière de l’appareil. Une thèse qui met en cause la maintenance de la compagnie française. L’avocat d’Air France, Me Fernand Garnault, qui ne nie pas l’absence de l’entretoise, assure que cette anomalie “n’a pas de lien de cause à effet avec l’accident”.

Me Olivier Metzner, l’avocat de Continental Airlines, estime pour sa part que “le travail qu'[il a] fait parallèlement montre que l’incendie est préalable à la rencontre du Concorde et de la lamelle, et rejoint parfaitement les conclusions du documentaire”. Selon lui, “tout a été fait, tant par les enquêteurs du BEA que par les experts judiciaires, pour ne pas prendre en compte la vérité” et “Air France est partie civile alors qu’elle devrait être sur le banc des prévenus”.

“Toute une série d’arguments développés dans cette émission n’ont pas été invoqués devant le juge d’instruction. On verra bien ce que le tribunal a à en dire. Nous avons tous les éléments pour y répondre”, rétorque le défenseur d’Air France. Réponse dans l’enceinte du prétoire.

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