Soyouz navigue vers la Guyane

Deux premières fusées Soyouz devaient quitter hier la Russie à bord d’un bateau à destination de la Guyane française, où un premier tir est attendu avant l’été 2010, qui marquera une étape importante dans ce projet politique et industriel.

Le bateau français « Le Colibri » devait quitter le port de Saint-Pétersbourg hier soir, avec à son bord une première cargaison de deux fusées Soyouz fabriquées en Russie, qui atteindront la Guyane après une quinzaine de jours de mer.

Elles vont ensuite y subir une série de tests avant un premier tir espéré en 2010. Un premier Soyouz devrait être lancé depuis la Guyane « au deuxième trimestre de l’année prochaine » avec le satellite de télécommunications britannique Hylas, a annoncé le PDG d’Arianespace, Jean-Yves Le Gall.

Le premier lancement pourrait avoir lieu en « avril 2010 », précise de son côté le responsable du programme Soyouz en Guyane pour l’Agence spatiale européenne (ESA), Didier Coulon.

Ce premier tir était initialement attendu en 2009, mais avait dû être reporté à la suite du retard de la livraison d’un portique mobile – un élément indispensable aux opérations – par une société russe qui a fait faillite.

Désormais, « le pas de tir est en voie d’achèvement » en Guyane, assure M. Le Gall.

Avec le lanceur russe, l’Europe de l’espace aura complété la gamme dont elle dispose en Guyane, avec Ariane 5 qui peut emporter jusqu’à dix tonnes, Soyouz pour les charges moyennes et la future petite fusée Véga pour les charges les plus modestes.

Capacité d’emport considérablement augmentée
La naissance de ce programme, avec un accord franco-russe signé en 2003, est avant tout politique, selon le chef du projet pour Arianespace, Bruno Gérard. « Sa principale raison est la coopération franco-russe », souligne-t-il. Soyouz permet à l’Europe d’utiliser un lanceur qui a déjà fait ses preuves, avec près de 1 750 tirs à son actif et une longue histoire, depuis le lancement du premier satellite Spoutnik en 1957 et du premier homme dans l’espace, Youri Gagarine, en 1961.

Amener le lanceur russe en Guyane permet aussi d’augmenter considérablement sa capacité d’emport en le rapprochant de l’Equateur. Lancés de Sinnamary – une commune voisine de Kourou –, les Soyouz pourront emporter des satellites pesant jusqu’à 3 tonnes en orbite géostationnaire, contre seulement 1,7 tonne depuis le cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan, d’où elles partent actuellement.

Arianespace, qui a déjà commandé 14 Soyouz à son fabriquant russe TsSKB Progress, compte bien pouvoir réaliser « entre deux et quatre lancements par an » depuis la Guyane, selon M. Gérard. Pour la Russie, l’intérêt est double : trouver un débouché pour son industrie et obtenir « un contrepoids vis-à-vis du Kazakhstan », souligne M. Coulon. La Russie loue en effet sa base de Baïkonour aux Kazakhs et les relations entre les deux pays ne sont pas toujours cordiales.

Le projet Soyouz en Guyane coûte un peu plus de plus de 400 millions d’euros. Ils sont partagés entre l’ESA pour 284 millions et 121 millions pour Arianespace, qui a bénéficié d’un prêt de la Banque européenne d’investissement.

Reste pour l’avenir la possibilité de faire partir un jour des hommes dans l’espace depuis la Guyane.

Même s’il n’en est pas question à l’heure actuelle, « on garde la possibilité d’évoluer vers le vol habité » avec Soyouz depuis le département français, explique Didier Coulon.

Le Quoditien La Réunion

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