Crash Rio-Paris : les assureurs pourraient verser de 330 millions à 750 millions de dollars [Le Monde]

L’indemnisation des familles des victimes de la catastrophe aérienne du vol AF 447 entre Rio et Paris va bientôt débuter. Dès mardi 2 juin au matin, soit le lendemain de l’accident, les compagnies d’assurances et de réassurances ont commencé à étudier le dédommagement de la compagnie aérienne et des familles des victimes.

Certaines estimations circulent déjà. Le coût total pourrait atteindre 330 millions de dollars (234 millions d’euros), et jusqu’à 750 millions de dollars en cas de recours en justice. Quoi qu’il en soit, cela en ferait le sinistre le plus coûteux depuis l’accident d’American Airlines dans le Queens le 12 novembre 2001 (708 millions de dollars).

Le vol Rio-Paris était assuré par plus d’une quinzaine de compagnies d’assurance (dont Axa, AIG, Swiss Re, Allianz, Global Aerospace Underwriting Managers…), qui elles-mêmes sont assurées auprès de compagnies de réassurances. Le groupe Axa, lui, est l’apériteur du contrat, c’est-à-dire qu’il gère les modalités administratives pour le compte de tous les coassureurs. Les 216 passagers sont couverts par cette police d’assurance contractée par Air France, les membres d’équipage, eux, sont pris en charge par un autre contrat en tant qu’accident du travail.

“Nous n’avons pas encore arrêté d’évaluation des indemnisations qui seront à verser aux familles des victimes, la collecte des informations nécessaires étant en cours. Nous prenons contact avec les ayants droit déjà identifiés pour les informer de leurs droits”, explique Patrick de La Morinerie, directeur général adjoint d’AXA Corporate Solutions. Les familles vont bientôt commencer à recevoir des aides financières qui couvriront leurs premiers frais. L’ensemble des versements d’indemnisation pourrait prendre néanmoins du temps. Pour la catastrophe d’American Airlines en 2001, il reste encore 5 millions de dollars à verser.

Et les indemnités peuvent être illimitées car la Convention de Montréal, en vigueur depuis 2003, ne fixe pas de plafond d’indemnisation en cas de dommage corporel ou de décès accidentel survenu à bord de l’avion ou au cours des opérations d’embarquement ou de débarquement, indique la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA).

HOMMES D’AFFAIRES

A la différence de l’accident du Concorde en juillet 2000, par exemple, où certains passagers âgés de 90 ans n’avaient plus de famille à charge, l’A330 d’Air France transportait de nombreux chargés de famille et des hommes d’affaires – pour lesquels certaines entreprises pourraient aussi faire jouer des garanties “homme clé”. Pour indemniser les proches des victimes, les assureurs se fondent sur des barèmes bien définis en fonction de la situation de chaque victime. “L’indemnisation d’une famille ne sera pas identique si le disparu était un cadre dirigeant qui gagnait 10 000 euros par mois et qui avait deux enfants, dont il faudra assurer la scolarité, que pour la famille directe d’un employé qui percevait le smic”, souligne un proche du dossier. Les assureurs devront aussi rechercher si certains passagers étaient détenteurs de contrats d’assurance-vie.

En revanche, les assureurs d’Air France savent déjà qu’ils devront rembourser Air France de la perte de l’avion, pour un montant total de 67,4 millions d’euros. “Un remboursement qui est en cours”, assure M. de La Morinerie.

Mais tous attendent de connaître les causes exactes de l’accident et espèrent que les boîtes noires seront retrouvées pour savoir qui prendra, au final, l’indemnisation à sa charge : les assureurs d’Air France ? Ceux d’Airbus ? Ou encore ceux d’un sous-traitant de maintenance qui aurait commis une négligence ? Des compagnies ont déjà fait des évaluations dans le cas où Air France serait seul en cause, dans celui où la responsabilité d’Airbus serait engagée à hauteur de 25 %, et dans celui où les torts seraient partagés à 50-50. Certains assureurs, comme Axa, sont ceux d’Air France mais aussi d’Airbus.

Sans compter que le montant total des versements des assureurs pourrait aussi être majoré si les moyens exceptionnels mis en place par les Etats pour rechercher l’avion, ses passagers et les boîtes noires étaient refacturés au responsable de l’accident.

Cécile Prudhomme

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