Airbus: des problèmes liés aux pitots signalés depuis au moins 2007

AP | 06.06.2009 | 22:57 Des problèmes liés aux détecteurs de vitesse (pitots) sur les Airbus A320 ont amené l’avionneur européen à recommander dès septembre 2007 de changer ces sondes, révèle samedi soir Air France qui précise avoir respecté cette recommandation à l’époque sur ce type d’appareil, mais pas sur les A330 et A340 “en l’absence d’incidents constatés”.

Ce n’est qu’à partir du 27 avril dernier, ayant constaté de nouveaux incidents dus au givre, que la compagnie française commencera à changer les sondes pitots sur sa flotte A330/340.

En janvier dernier encore, ces problèmes avaient été signalés à l’intention de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), selon une note de personnels navigants techniques (PNT) d’Air France obtenue samedi par l’Associated Press.

Dans un communiqué diffusé samedi soir, Air France revient sur les problèmes de givre ayant affecté ces sondes pitots, indiquant les avoir décelés sur les A330 et A340 à partir de mai 2008. Ayant demandé à Airbus “une solution pour réduire ou faire disparaître l’apparition de ces incidents”, AF indique qu’en réponse, Airbus a fait savoir que le modèle de sonde recommandé pour l’A320 “n’est pas conçu pour prévenir les incidents” relevés par la compagnie.

Après une nouvelle batterie de tests en laboratoire au premier trimestre 2009, Air France indique que “la nouvelle sonde pourrait apporter une amélioration significative au problème de givrage en haute altitude par rapport à la sonde précédente”. Alors qu’Airbus propose une expérimentation en vol, en situation réelle, AF dit choisir de ne pas attendre et “décide de changer toutes les sondes de sa flotte A330/A340”.

Ce programme de changement débutera le 27 avril dernier, soit cinq jours avant le drame. Le BEA a confirmé samedi que l’A330-200 disparu lundi au-dessus de l’Atlantique n’en était pas équipé. “Sans préjuger d’un lien avec les causes de l’accident, Air France a accéléré ce programme et rappelé les consignes en vigueur émises par le constructeurs pour faire face à la perte d’information anémométrique”, ajoute le communiqué diffusé samedi soir.

Alors que se poursuit l’enquête sur la catastrophe du vol AF447, la note interne de janvier dernier, faisant suite à une perte d’indications anémométriques survenue sur un vol Tokyo-Paris, précise que “les premières actions de maintenance réalisées à (l’aéroport de Paris) Charles-de-Gaulle ont permis de mettre en évidence une obstruction des trous de drainage des trois sondes pitots” de l’appareil.

“Ce constat, associé aux conditions météorologiques, est très vraisemblablement à l’origine des perturbations anémométriques rencontrées sur cet avion”, dont ont découlé “l’ensemble des alarmes”, souligne la note.

Elle ajoute que “suite à d’autres cas similaires récemment rencontrés sur la flotte A330/340 (…), un reporting complet a été effectué à Airbus afin que le phénomène puisse être clairement expliqué”. Des actions préventives relatives aux pitots ont en outre été “retenues et mises en application” par Airbus “suite aux problèmes similaires fréquemment rencontrés sur la flotte A320″.

Dans une autre note interne adressée vendredi dernier à ses PNT, Air France indiquait que l’analyse de certains messages ACARS transmis à la maintenance durant les dernières minutes du vol AF447 faisaient état d'”anomalies dans la chaîne anémométrique”.

Paul-Louis Arslanian, directeur du Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’Aviation civile (BEA), a confirmé samedi devant la presse que des “incohérences de vitesse” avaient été relevées dans les données des trois détecteurs de vitesse de l’Airbus A330-200 qui a disparu lundi lors d’un vol Rio de Janeiro-Paris. Selon lui, dans le cadre des recherches régulières menées pour améliorer le fonctionnement des appareils, “il a été constaté un certain nombre de pannes” liées au système anémométrique de l’A330.

Interrogés sur les remplacements de pitots décidés par Airbus, M. Arslanian a indiqué que ces sondes n’avait “pas été remplacées” sur l’avion accidenté. Il a cependant ajouté que “tous les avions peuvent avoir des problèmes avec leur système anémométrique” et qu’à ce stade de l’enquête, il n’était pas possible d’établir un lien de cause à effet entre les “incohérences” enregistrées et la disparition de l’Airbus.

Julien Gourguechon, secrétaire général international du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), a lui aussi souhaité relativiser l’importance d’une telle avarie. “Il y a trois indicateurs de vitesse dans l’avion et la simultanéité des mauvaises indications relève du domaine de l’impossible”, a-t-il déclaré à l’AP. De plus, “une mauvaise indication de vitesse ne suffit pas à expliquer qu’un avion s’abîme en mer”, a-t-il dit. AP

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