Matignon programme Ariane 6 à l’horizon 2020

Remis au Premier ministre, le rapport « L’enjeu d’une politique européenne de lanceurs : assurer durablement à l’Europe un accès autonome à l’espace » recommande aux pouvoirs publics un lanceur robuste et des lancements simples avec pour objectif de lancer en priorité les satellites institutionnels.

Comme La Tribune l’a révélé ce matin, Matignon a mis en ligne ce lundi après-midi le rapport sur le futur lanceur européen, baptisé Ariane 6, dont le premier vol est programmé entre 2020 et 2025 (hors aléas de développement) et qui remplacera Ariane 5. Rédigé par le président du CNES (Centre national d’études spatial, l’agence spatiale française) Yannick d’Escatha, le Délégué général pour l’armement du ministère de la défense, Laurent Collet-Billon, et le Haut-Commissaire à l’énergie atomique (CEA) Bernard Bigot, ce rapport recommande huit mesures concrètes « pour assurer l’avenir de la filière européenne des lanceurs ». Pour développer et fiabiliser un nouveau lanceur, « il faut environ quinze ans », estiment les auteurs.

Sur le plan commercial, le rapport préconise bien sûr la poursuite d’une activité commerciale pour Arianespace, la société de commercialisation des lanceurs européens, « pour des raisons de fiabilité ». Il recommande plus particulièrement un scénario appelé « institutionnel dynamique » qui s’inscrit dans « une logique de service d’intérêt général ». Concrètement, pour les auteurs, l’objectif est de lancer, « en première priorité et au meilleur coût », tous les satellites institutionnels et « d’obtenir juste assez de contrats commerciaux pour satisfaire le rythme minimum de lancements ».

Pour autant, selon le rapport, « on peut accepter davantage de lancements commerciaux que ce minimum si des opportunités supplémentaires se présentent et si les prix de vente qu’on peut obtenir sur le marché sont supérieurs au coût variable du lancement ». Le futur lanceur, qui sera « robuste », devra être « extrêmement modulable pour répondre aux besoins de lancements institutionnels dans la gamme des 3-6 tonnes en lancement simple, réduisant d’autant le nombre de satellites du marché commercial à sécuriser pour assurer le rythme minimum de lancement ».

Actuellement, Arianespace réalise un à deux tirs institutionnels, en général en lancement simple par an. Pour fiabiliser un lanceur, il existe un consensus sur un seuil minimum de 5 à 6 lancements par an. Soit le fonctionnement actuel d’Ariane 5, qui a tiré en 2008 six fois, en général en lancement double, et table sur 6 à 8 tirs en 2009. Pour autant, tous les Etats européens ne jouent pas le jeu avec Arianespace. Ainsi, le satellite Sicral 1B du ministère de la Défense italienne a été lancé en avril dernier par une fusée russe Zenit-3SL depuis la plate-forme américaine Sea Launch située dans l’Océan Pacifique.

Enfin, un scénario numéro deux est également évoqué dans le rapport : « conquérir et sécuriser chaque année une part de marché commercial de l’ordre de 50 % tout en satisfaisant dans les meilleures conditions, les besoins institutionnels européens ». Mais les auteurs se demandent « si l’objectif de maintien et de sécurisation de part de marché peut conduire à retenir un prix de vente du service au-dessous du coût variable du lancement ».

En matière de propulsion, le rapport préconise de retenir un étage supérieur cryogénique réallumable, propulsé par le moteur Vinci (Snecma). Pour l’étage inférieur, trois pistes seront étudiées : cryogénie, poudre et le développement d’une filière, entièrement nouvelle en Europe, LOx/hydrocarbure (de 3,5 à 8 milliards d’euros de développement).

Enfin sur le plan de l’organisation, les auteurs appellent l’Union européenne, qui devra accomplir son rapprochement avec l’Agence spatiale européenne (ESA), à prendre toutes ses responsabilités en matière spatiale, notamment dans le domaine des lanceurs, en devenant un « acteur global ». Plus proche du terrain, le rapport préconise un rapprochement entre la direction des lanceurs du CNES, qui a conçu et développé toute la famille Ariane depuis l’origine, et celle de l’ESA. Enfin, les auteurs plaident pour un statu quo dans l’actionnariat d’Arianespace.

La Tribune.fr Michel Cabirol

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