Ariane V : lancement réussi pour le miroir “made in Tarbes”

Lancement réussi, hier, pour Herschel, le plus grand télescope jamais envoyé dans l’espace, fabriqué à Bazet. Ce qu’il y a de bien, avec la haute technologie, c’est que parfois… ça marche du premier coup. Bon. D’accord. Le plus souvent, même. Mais n’en demeure pas moins qu’hier après-midi, il était bien tapi là, dans l’auditorium de la CCI, le petit frisson de l’incertitude, du « jusqu’ici tout va bien »… comme à l’invitation de Boostec, le public pouvait donc suivre en direct le compte à rebours de ce 44e tir d’Ariane V… et surtout l’envol d’une parcelle de Bigorre, là-haut, dans la coiffe couronnant la fusée : le miroir du plus grand télescope spatial jamais construit, le miroir d’Herschel, fabriqué par Boostec, à Bazet.

Un lancement qui aura alors été l’occasion de revenir sur l’extraordinaire aventure que représente cette mission. L’observatoire Herschel ? « Il va permettre d’aller regarder l’invisible, l’invisible à l’œil nu, l’infrarouge lointain… et étudier grâce à cela ces régions froides, ces nuages interstellaires de gaz et de poussières où se forment les étoiles, pour répondre à de nombreuses questions et une, surtout : comment se forment les étoiles ? » expliquait ainsi en substance Adam Walters, professeur en astrophysique à l’université Paul Sabatier. Bref, observer la naissance des étoiles, des galaxies pour Herschel, mais aussi observer le rayonnement fossile du Big Bang, regarder à travers l’espace-temps jusque vers 380 000 ans après l’explosion originelle pour le satellite Planck, lancé conjointement… il y avait alors de quoi rêver fort, entre deux liaisons avec Kourou, en imaginant l’avenir sidéral de cette mission prête à décoller.

Mais également de quoi mesurer le défi technique réalisé en fabriquant ce miroir hors normes, cette coupole en céramique de 3,5 mètres de diamètre réalisée aux mesures d’Ariane V, autre aventure commentée par Michel Bougoin et Pierre Deny, pour Boostec. De quoi presque en oublier qu’on entrait dans l’ultime minute avant « ignition ».

10 h 12 précises à Kourou, 15 h 12 à Tarbes : la flamme du moteur Vulcain qui capte tous les regards, 50 mètres et 780 tonnes de fusée qui s’arrachent et tout qui s’enchaîne à la seconde prévue jusqu’à la séparation d’Herschel, 25 minutes et 58 secondes plus tard, à pratiquement 1 480 km de la terre et plus de 35 000 km/h. Alors, ça fait quoi Pierre Deny ? « Cela s’est tellement bien passé que l’émotion, pour nous, ce sera surtout lorsque nous recevrons les premières images » résumait le P-DG de Boostec. Quand ? Dans 5 ou 6 mois. Car en attendant, Herschel a encore 1,5 million de kilomètres à parcourir pour atteindre le point de Lagrange où il sera posté. Puis quelques mois encore pour refroidir pratiquement jusqu’au zéro absolu, condition indispensable pour observer les zones froides de l’univers. Et commencer à faire naître à nos yeux une lumière encore jamais vue. Les origines. Autre miroir… P.C. Dépèche du Midi

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