Nouveau propriétaire de Spot Image, EADS veut financer Spot 6

Le groupe privé a acheté le mois dernier les parts du CNES dans Spot Image. Il estime que le marché de l’imagerie spatiale est assez mature pour financer le successeur du satellite d’observa- tion Spot 5.

Nouvelle orientation pour Spot Image. L’entreprise de Toulouse est passée en septembre dans le giron d’Astrium, le fabricant de satellites, filiale d’EADS, qui a repris les 41 % du CNES pour porter sa participation à 81 %.

Cette prise de contrôle par un groupe privé correspond à un changement de vocation. Créée en 1982 par le CNES pour exploiter les images de la Terre des satellites Spot, la société est passée peu à peu d’une logique de service public à celle d’une entreprise commerciale sur le marché mondial de l’imagerie spatiale, en forte croissance avec de nombreuses utilisations dans la cartographie, la défense, l’environnement, l’agriculture, les infrastructures, la prospection pétrolière, etc. Son chiffre d’affaires a bondi de 30 % en 2007, à 94,8 millions d’euros et avoisinera 105 millions cette année, avec une marge nette de 20 % l’année dernière.

Tout en intégrant un groupe privé, Spot Image et ses 260 salariés continueront d’exercer une délégation de service public pour l’exploitation des deux futurs satellites Pléiades à très haute résolution, à usage civil et militaire, qui seront lancés en 2010 et 2011.

Synergies avec Infoterra
En revanche, dans le domaine de la haute résolution pour la cartographie, l’Etat ne veut pas financer le successeur de Spot 5 qui fournit des images de la Terre d’une précision de 2,5 mètres sur une large bande de 60 kilomètres, et se trouve à l’origine de la croissance de Spot Image depuis cinq ans. Spot 5, dont la durée de vie théorique a expiré en 2007, peut encore fonctionner jusqu’en 2013. Mais il faut préparer son successeur dès aujourd’hui, car l’élaboration d’un satellite d’observation dure quatre ans.

Spot 6 sera le premier satellite Spot lancé par le secteur privé. « Le marché de l’imagerie devient mature et permettra de le financer, affirme Hervé Buchwalter, PDG de Spot Image. EADS Astrium assure le montage financier de ce projet de 250 à 300 millions d’euros. Nous négocions le financement d’un tiers du montant par les institutions publiques (Défense, CNES, ESA, etc.), les deux autres tiers étant apportés par Astrium. La vente d’images doit équilibrer cet investissement en dix ans. » EADS Astrium et Spot Image ont mis sur pied une équipe de 60 personnes qui élabore les futurs Spot 6 et Spot 7, afin de lancer le premier en 2012.

L’intégration de Spot Image dans Astrium permettra d’établir des synergies avec sa filiale Infoterra (350 salariés), spécialisée dans les services d’information géographique. Les deux sociétés travaillent déjà ensemble dans l’application Farmstar de surveillance des cultures. « En combinant nos services de télécoms et de navigation avec la géo-information, nous fournirons des offres globales de mobilité », dit Eric Béranger, CEO d’Astrium Services.
[Les Echos – LAURENT MARCAILLOU]

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