Ce sont des journalistes qu’on assassine (Le Post)

Trois journalistes de télévision licenciés par leur entreprise en quelques jours, on avait jamais vu cela. A l’origine de ces sanctions, des “fautes” brandies par leurs directions respectives et qui méritaient, bien évidemment la sanctiion suprême: le renvoi et l’ANPE.

1/ Commençons par Florence Schaal. Trente ans à TF1. Une fidélité sans faille à sa maison, publique comme privée. Un titre de rédacteur en chef. Des milliers de reportage à son actif, parfis réalisés dans des conditions difficiles et aux prix de grands périls. Son crime: l’annonce intempestive, en direct, dans un journal de 20 heures d’une mort qui n’était pas. Je n’y reviens pas. Quasiment deux mois après, la voilà licenciée au nom de la “faute” lourde”, “grave” et du Saint-Esprit, seule responsable, seule coupable, seule condamnée, seule exécutée selon le Grand Inquisiteur Dassier.

Petit rappel: moi, on m’a toujours appris qu’un rédacteur en chef était responsable de ce qui passe dans son journal, et qu’au dessus de lui, le directeur de la rédaction l’était tout autant. On m’a toujours appris qu’au cas où un jounaliste commettait une erreur, la hiérarchie en était tout autant responsable, donc coupable, donc condamnable, donc exécutable. On m’a toujours appris qu’une hiérarchie se devait de savoir ce qu’un journaliste raconte ou s’apprête à raconter dans son journal (en direct ou pas), et qu’elle devait juger de ce qui était diffusable ou non.

Visiblement, ces pratiques n’ont plus cours à TF1. M. Dassier a choisi la stratégie du bouc émissaire.

2/ Passons et l’affaire Coq et Deniau sur France 24. Les voilà virés (si j’en crois le Canard enchainé) le premier (rédacteur en chef) pour cause “d’incompatibilté”, le second (directeur de la rédaction) pour cause d’organisations de débat autour des théories conspirationnistes relatives au 11 septembre 2001.

Le souci pour leur direction, c’est que des journalistes de France 24 ont décidé de les soutenir par le biais d’une pétition, ce qui semble démontrer qu’ils ne devaient pas être si terribles que ça… D’autre part, nombreuses sont les interrogations nées de ce que Coq est l’auteur d’une biographie de Bernard Kouchner, actuel ministre des Affaires Etrangères, (et donc de fait actionnaire de la chaîne), et que ce même ministre s’est montré agacé par un portrait diffusé delui sur cette même antenne à l’occasion de l’un de ses passages. Interrogations amplifiées par le fait que la nouvelle direction de l’audiovisuel extérieur est confiée à Christine Ockrent (40 000 euros mensuels) et que cette dernière est à la ville “femme de” qui vous savez. Mais bon, tout cela ne sont que supputations…

Je connais un peu Bertrand Coq, nous fréquentâmes la rédaction de la 2 autrefois. C’est un “damned f…ed reporter” comme disent les Américains. Deniau aussi. Si tous les journalistes de télévison étaient de leur trempe, ça irait beaucoup mieux dans l’audiovisuel. Certes, ce ne sont pas des poètes. Certes, ils sont plus tendance “Noël Roquevert” (“bande de petits salopards!”) en matière de journalisme que moi. Certes, ils sont un peu de droite, voire plus. Certes, il sont mal élevés. Mais les voir jetés comme des malpropres ne peut que soulever le coeur de tous ceux qui ne veulent pas désespérer de la survie journalisme télévisé. Et pour conclure, tout en pesant bien mes mots, je vais vous dire une bonne chose: si je devais monter un réseau de Résistance à un oppresseur quelconque, c’est avec eux que je le ferais, et surtout pas avec Christine Ockrent ou Jean-Claude Dassier.
Par Bruno Roger-Petit

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