Reprise en main musclée à France 24 (Le Point)

Reprise en main brutale au sommet de France 24 : Christine Ockrent, directrice générale de l’audioviosuel extérieur de la France, est-elle derrière le limogeage coup sur coup de Grégoire Deniau (directeur de l’information de France 24) et Bertrand Coq (rédacteur en chef) ? La direction de France 24 réfute son influence tandis que les journalistes y voient, au contraire, le signe de sa prise de pouvoir… En tout cas, les deux patrons de la rédaction ont été licenciés avec mise à pied immédiate.

Tout a commencé, hier, mardi : Bertrand Coq entame normalement sa journée de travail. Gérard Saint-Paul, l’un des pontes de France 24, le convoque et lui signifie son licenciement avec mise à pied immédiate. Motif : son “comportement”. Très vague. Saint-Paul lui explique que le motif de son licenciement lui sera précisé ultérieurement lors de son entretien préalable. La rédaction est bousculée, mais n’est pas au bout de ses surprises. Dès le lendemain matin, c’est au tour de Grégoire Deniau de passer à la guillotine. Cette fois, il est convoqué par Alain de Pouzilhac, Gérard Saint-Paul et Jean-Yves Bonsergent (directeur général en charge des technologies) et se voit annoncer son licenciement avec mise à pied immédiate.

Un débat contesté

Le motif est cette fois plus précis : on lui reproche l’organisation sur l’antenne de France 24 d’un débat sur les théories du complot autour du 11 Septembre. Une façon de rebondir sur l’affaire Bigard. Deniau s’était opposé à ce débat (animé par Sylvain Attal), mais son ordre se serait dilué dans la chaîne hiérarchique si bien que ce débat a finalement eu lieu. Deniau plaide l’innocence. Pouzilhac réfute cet argument et estime que son directeur de la rédaction est de mauvaise foi. On remarquera la judicieuse absence de Christine Ockrent à chacune des convocations… Une façon de ne pas apparaître dans cette histoire.

Deux licenciements en deux jours, cette fois, la rédaction de France 24 se soulève. Pouzilhac reçoit le comité d’entreprise, puis les rédacteurs en chef et, cet après-midi, il vient s’expliquer devant les journalistes. Il réfute avec aplomb tout lien entre les deux licenciements. La séance des questions-réponses est tendue. Des pétitions circulent en faveur des deux limogés. Et la plupart des journalistes comprennent la signification de cette reprise en main

Deniau résiste aux consignes du Quai d’Orsay

Grégoire Deniau est une forte personnalité, un ancien baroudeur intransigeant. Il n’est peut-être pas le manager le plus coulant qui soit, mais il n’a jamais cédé aux pressions du Quai d’Orsay (où officie l’époux de Christine Ockrent). Par exemple : quand le Quai recommandait de n’envoyer aucun journaliste en Irak en raison des risques d’enlèvement, Grégoire Deniau n’en tenait aucun compte. Pour lui, le danger fait partie de la vie d’un grand reporter. Idem concernant Bertrand Coq, qui est fait du même bois. Son passé de grand reporter à France 2 fait l’admiration de ses pairs. L’un et l’autre sont des têtes brûlées, le contraire des journalistes malléables.

Depuis son départ de France 3, Christine Ockrent coiffe l’audiovisuel extérieur de la France en tant que directrice générale. Des synergies sont à trouver entre les différentes entités (RFI, une partie de TV5…). France 24 aspire à rejoindre cette entité. Alain de Pouzilhac n’était pas joignable à 17 h 45.

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