La rédaction en chef de France24 décapitée (Rue89)

Début du grand ménage à France24 : selon nos informations, Grégoire Deniau, directeur de la rédaction, a été mis à pied ce mercredi en fin de matinée, après que Bertrand Coq, rédacteur en chef, eut subi le même sort la veille. Grégoire Deniau a immédiatement quitté les locaux de la rédaction, avant d’être remplacé provisoirement par le directeur général, Gérard Saint-Paul.

En début d’après-midi, le président de France Monde (holding de tête de France24), Alain de Pouzilhac, a rencontré la rédaction. Rencontre « houleuse », selon des participants. Il a annoncé la nomination de Saint-Paul, directeur général en charge de l’information et des programmes -qui doit prendre sa retraite en novembre-, comme remplaçant par interim de Grégoire Deniau.

« Faute professionnelle »

Pouzilhac a surtout détaillé les motifs invoqués par la direction pour renvoyer les deux journalistes : dans les deux cas, « faute professionnelle ». Pour Grégoire Deniau, c’est l’organisation d’un débat sur le 11-Septembre qui pose problème. Selon le président, il n’aurait « pas soutenu » ses troupes quand la direction lui a reproché d’avoir organisé ce débat, qui évoquait les « théories du complot ».

Concernant Bertrand Coq, Alain de Pouzilhac a fait état de problèmes de « comportement ». Selon nos informations, peu avant sa convocation et son départ, la direction cherchait en effet à étayer des accusations de « harcèlement moral » contre Bertrand Coq.

« Plusieurs journalistes se sont effectivement plaints de son comportement, mais ce problème a été réglé il y a plus d’un an », s’étonne un délégué du personnel. « Depuis un an, ses relations avec la rédaction se sont complètement améliorées. »

Bertrand Coq est un rédacteur en chef rude avec ses troupes (surtout avec les « deskers », les journalistes qui travaillent au siège). Comme Grégoire Deniau, dont il est proche, c’est un ancien grand reporter ; tous deux sont lauréats du prix Albert-Londres.

« Ça ressemble à un prétexte », estime un journaliste à propos de cet argument du comportement de Coq. « Mais comme il a un langage assez fleuri, ils ne manqueront pas de pièces pour le dossier. » Pouzilhac a d’ailleurs évoqué devant les journalistes des réclamations plus récentes à l’encontre du rédacteur en chef.

Une pétition de soutien circule dans les couloirs

Les deux intéressés n’ont pas encore été avertis des motifs précis de leur mise à pied, et le seront lors de leurs entretiens préalables à licenciement.

En attendant, la plupart des journalistes jugent ces sanctions disproportionnées, et une pétition de soutien circule dans les couloirs de la chaîne. Pour l’un d’eux, derrière les deux « prétextes » invoqués pour chacun des cadres, il s’agit bien d’une « reprise en main » de la chaîne par Christine Ockrent, la directrice générale de France Monde. « Sur le fond, les explications de Pouzilhac n’ont absolument pas convaincu. »

Notons que Bertrand Coq a écrit un livre à charge, il y a quelques années, sur le mari de Christine Ockrent : « Les tribulations de Bernard K. en Yougoslavie ou l’imposture humanitaire » (Michel Floquet, Bertrand Coq, Editions Albin Michel, 1993).

A France24, le climat interne semble en tous cas tendu vis-à-vis du politique. Le 18 juillet, au milieu de son interview dans « Le talk de Paris », la diffusion d’un portrait de Bernard Kouchner a mis le ministre en rogne, comme nous le racontions dans cet article sur les relations du ministre avec les médias.

This entry was posted in media-com. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Please log in using one of these methods to post your comment:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s