Vente parts TF1 dans France 24

La brillante idée de Jean-Pierre Raffarin consistant à marier France Télévisions et TF1 pour créer France 24, la chaîne censée être la “CNN française”, aboutit à une situation absurde : TF1, qui n’a mis que 18.500 euros dans le capital de la chaîne à sa création, en 2006, réclame désormais 90 millions d’euros pour abandonner ses 50 % à l’État. À l’initiative de Nicolas Sarkozy, France 24 doit, en principe, rejoindre le giron de l’audiovisuel public extérieur dans une holding regroupant la chaîne info tricolore et RFI, sous la houlette d’Alain de Pouzilhac et de Christine Ockrent. 

À l’appui de sa demande, TF1 a produit une évaluation de ses parts par la banque Rothschild. Les négociations avec Matignon butent, car, selon l’agence des participations de l’État, la part de TF1 dans France 24 ne vaudrait pas la queue d’une cerise. Un raisonnement qui prend en compte le fait que le budget de la chaîne (70 à 80 millions d’euros par an) est entièrement financé par le contribuable. 

Bruxelles aux aguets 

En outre, les autorités européennes, qui avaient accordé leur feu vert à ce mariage public-privé, avaient mis en garde contre le risque du rachat des parts de TF1 par l’État. Aux yeux de Bruxelles, cela reviendrait à une “aide indirecte” de l’État français à TF1. Rappelons que TF1 n’était entrée au capital de France 24 que pour empêcher cette chaîne d’émettre sur le territoire français, afin de ne pas faire d’ombre à LCI, la chaîne info payante du groupe TF1. 

Malheureusement, la situation stratégique de LCI s’est entre-temps dégradée. Le CSA a privilégié une offre gratuite d’information en attribuant un canal TNT à I-Télé et à BFM TV. Le modèle gratuit a encore été préféré par le CSA, mardi, lors de l’attribution des fréquences de la télévision mobile personnelle. La candidature de LCI (payante) a été évincée. TF1 se retrouve donc avec un double problème : comment sortir de France 24 sans se ridiculiser, et que faire de LCI ?

Web Le Point
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Des plus-values rapportant 5 000 fois l’investissement initial en à peine un an, ça n’existe pas, tout analyste financier sérieux vous le dira. Et pourtant. Grâce à France 24, la chaîne française d’information internationale voulue par Jacques Chirac, tout devient possible. Pour TF1. Actionnaire à 50% de la chaîne aux côtés de France Télévisions, la filiale du groupe Bouygues cherche en ce moment à céder sa participation à l’État. Pour la modique somme de 90 millions d’euros, , selon le Point, alors que TF1 n’a investi que 18 500 euros dans le capital de France 24, à sa création. Une culbute historique. Et surtout rendue possible par cet attelage improbable public-privé choisi en son temps par Jean-Pierre Raffarin, et juste destiné à permettre à TF1 d’empêcher France 24 d’émettre sur le territoire français, histoire de protéger sa chaîne payante d’info LCI. Un mariage de la carpe et du lapin fortement critiqué à l’époque, et dont on se rend compte aujourd’hui de toute l’absurdité. Le salut viendra peut-être de la Commission européenne, pour qui cette éventuelle cession, contre laquelle elle avait d’ailleurs mis en garde, pourrait revenir à une « aide indirecte » de l’État français à TF1. Ménageant ainsi des finances publiques qui n’ont franchement pas besoin de ça.
Télérama

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