Les membres de Facebook appellent à la résistance

“Contre la publicité ciblée sur Facebook”. “Non au marketing intrusif sur Facebook!”. L’entrée de la publicité sur le réseau, annoncée mardi 6 novembre par Mark Zuckerberg, fondateur du site, fait grincer les dents. Depuis, les protestations émergent de toutes parts.

Facebook, le réseau social actuellement le plus en vogue sur Internet, donne désormais aux annonceurs accès aux “profils” de ses 50 millions de membres et à la multitude de données privées qu’ils contiennent : sexe, âge, préférences politiques, religieuses, etc. Ce qui offre aux marques la possibilité d’adresser des publicités personnalisées aux utilisateurs de Facebook.

Les défenseurs de la vie privée se sont élevés contre cette initiative : “Quand des données sont rassemblées, vous devez demander à quoi elles servent, qui les utilisera et comment”, a réagi Melissa Ngo, l’une des responsables de l’Electronic Privacy Information Center (EPIC). “Les membres doivent pouvoir refuser que leurs informations soient collectées”, a-t-elle réclamé. Depuis quelques jours, les membres de Facebook souhaitent aussi se faire entendre.

QUITTER FACEBOOK ?

Les sujet alimente nombre de discussions dans la blogosphère : “Pour ceux qui écrivent leur vie sur Facebook, dites-vous que chaque goutte d’information sera maintenant disponible aux dirigeants marketing qui se feront un plaisir de vous bombarder de pub ciblée!”. D’autres sont plus catégoriques : “Aujourd’hui Microsoft vend nos données personnelles à des compagnies privées, de même, probablement, qu’à la CIA et autres acteurs du flicage orwellien global. Et c’est nous qui leur apportons tout sur un plateau! Boycottez Big Brother!”. Des groupes d’opposition se sont créés aux Etats-Unis comme en France, réunissant des membres de Facebook mécontents de l’utilisation de leurs données personnelles à des fins publicitaires. Certains encouragent même les membres à quitter le réseau.

Cependant, comme le souligne un internaute à ce sujet, quitter Facebook, oui, mais pour aller où ? “Sur un réseau social peu connu ? Mieux fait ? Pour leur montrer qu’on est des free riders. Des nomades.” Myspace, Opensocial et autres réseaux sociaux doivent désormais se frotter les mains en voyant les dégâts occasionnés par l’annonce.

Mais laisser le réseau lorsqu’on est membre n’est pas chose aisée : “Que vont devenir tous mes amis facebookiens ? Ne vont-ils pas se sentir trahis, abandonnés par moi? Ne devrions-nous pas élaborer une sorte de mallette “Why and How you can leave Facebook”. Les réticents à l’exil pourront toujours rejoindre – sur Facebook, bien sûr – le groupe “Anti-facebook- Mouvement pour un cercle d’amis réels” ou bien “Les abandonistes de Facebook”.
LEMONDE.FR | 12.11.07 | 21h08

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