L’A380 fait escale à Roissy Charles-de-Gaulle

L’Airbus A380, le plus gros avion de ligne au monde va, pour la première fois, atterrir aujourd’hui à l’aéroport Charles-de-Gaulle. L’avion géant restera deux jours à Roissy avant de reprendre l’air pour une série de vols de démonstration en Asie-Pacifique qui le conduira ensuite à Narita (Japon) du 4 au 6 juin, puis à Sydney (Australie) du 6 au 8 juin, et enfin à Taipei (Taiwan) du 8 au 10 juin. L’avion géant, immatriculé MSN007, est attendu vers 12h30 sur la piste 3 de CDG. Il devrait être accueilli par plusieurs centaines de salariés de l’aéroport et, par la suite, “baptisé” par les pompiers de la plate-forme qui, pour la circonstance, actionneront leur lance sur son passage.

La venue de l’A380 n’a rien d’un événement promotionnel mais répond à un objectif bien précis : préparer l’accueil de l’avion avant sa mise en exploitation commerciale dans le cadre d’une escale. Avec l’aide d’Aéroports de Paris (ADP), d’Airbus et d’Air France-KLM, tout un programme de tests a été prévu samedi et dimanche.

Pour la première fois, dans la jeune histoire de l’A380, une véritable escale commerciale va être simulée en conditions réelles avec un objectif à atteindre de 89 minutes pour que l’avion soit prêt à repartir. En moins d’une heure et demie, donc, les passagers (fictifs) devront avoir quitté l’avion, les bagages être déchargés, la cabine nettoyée et re-préprarée pour le vol suivant, les vidanges faites, le ravitaillement effectué, le catering livré, les nouveaux passagers embarqués… Toutes ces opérations vont permettre à chaque prestataire de l’escale de “valider la compatibilité de leur matériel et de leurs équipements pour définir leurs futures consignes d’exploitation”, explique-t-on chez ADP.

Deux autres séries de tests seront également au programme au cours de la journée de samedi : un test avec les pompiers d’Aéroports de Paris qui doivent valider quelques procédures spécifiques d’intervention autour mais aussi dans l’avion. Les pompiers pourront ainsi réaliser des visites techniques de l’appareil et tester la compatibilité de leurs matériels, comme les lances d’incendie.

Un autre test permettra de mesurer, de nuit, en présence de l’avion, l’éclairage de son poste de stationnement, conformément aux recommandations internationales, pour assurer la sécurité des manœuvres nocturnes de l’avion. Le test, explique ADP, portera plus particulièrement sur les zones d’activité qui entourent l’avion : celle de la manutention des bagages, de l’avitaillement, de la maintenance… Dimanche, enfin, les techniciens d’ADP procéderont à des tests de dégivrage qui seront réalisés moteurs tournants, comme pour n’importe quel avion. La couche de glace sur un avion peut, en effet, peser plusieurs tonnes et perturber le décollage. Les essais menés à Roissy vont permettre de vérifier la compatibilité des machines et s’assurer que toutes les parties de l’avion géant sont accessibles. L’essai permettra aussi d’évaluer la quantité nécessaire de produit dégivrant pour un avion de cette taille.

Ces tests ne sont en fait que la partie visible de l’iceberg car, depuis plusieurs années, ADP a travaillé avec l’industrie aéronautique et l’organisation de l’aviation civile internationale (Oaci) pour définir les infrastructures et les installations nécessaires à l’accueil des gros-porteurs – l’A380 mais aussi, par exemple, l’A340-600 ou le Boeing 777/300. Aéroports de Paris précise qu’il “a investi près de 100 millions d’euros pour adapter ses infrastructures à ce type d’avion”.

Pour l’A380, la difficulté consiste à accueillir dans de bonnes conditions de confort et de rapidité les 525 à 750 passagers que peut transporter l’appareil. Comptoirs d’enregistrement, salles d’embarquement, tapis de livraison de bagages… Tout doit être surdimensionné.

L’une des grandes réalisations d’ADP est la “Galerie parisienne”. Cette nouvelle salle d’embarquement des aérogares 2E et 2F, qui doit ouvrir cet été, peut accueillir jusqu’à six A380 simultanément ! Les six points d’accueil de l’Airbus géant sont équipés de trois passerelles permettant un accès direct au pont supérieur de l’appareil (qui comporte deux “étages”). Enfin, côté pistes, les quatre que compte Roissy et les principales voies de roulage sont prêtes. L’Airbus A380 s’est déjà posé sur 45 aéroports dans le monde et, d’ici à 2011, plus de 70 aéroports seront prêts à le recevoir. Pour mémoire, 80 % des mouvements de Boeing 747, dans le monde, sont concentrés sur 37 aéroports.

François Bostnavaro
LE MONDE POUR MATINPLUS | 01.06.07 | 06h38

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