Philippe Douste-Blazy ne prend pas le risque de se présenter à Toulouse

Il ne sera plus ministre, ni député. Philippe Douste-Blazy a renoncé à se présenter aux élections législatives. “J’ai décidé de ne pas me présenter aux élections législatives dans la 1re circonscription de la Haute-Garonne”, a fait savoir l’ancien ministre des affaires étrangères dans un communiqué. Laconique, le texte a été envoyé à la presse, vendredi 18 mai, à 14 h 40, quelques instants avant l’heure limite de dépôt des candidatures à la préfecture.C’est son successeur à la mairie de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, qui le remplacera au pied levé. La circonscription est “historiquement celle des maires de Toulouse”, souligne M. Douste-Blazy. Un argument repris quatre heures plus tard par M. Moudenc dans un autre communiqué tout aussi lapidaire pour justifier sa candidature de dernière minute, alors qu’il avait fait savoir en début d’année son intention de ne pas briguer de fauteuil à l’Assemblée pour se consacrer uniquement à son mandat de maire “à plein temps”.DEMI-SURPRISELe forfait de Philippe Douste-Blazy n’est qu’une demi-surprise à Toulouse. La Dépêche du Midi s’était risquée à l’annoncer depuis samedi 12 mai, égrenant chaque jour dans ses colonnes le compte à rebours de ce faux suspens. Le ministre, qui nourrissait encore un faible espoir d’être reconduit au gouvernement, avait alors mollement démenti. Rejetant les solutions de repli sur Paris envisagé à l’UMP, Philippe Douste-Blazy tient à faire savoir qu’il compte “plus que jamais (s)’investir pour l’avenir de l’agglomération” toulousaine. Symboliquement, c’est sur papier à en-tête de la communauté d’agglomération du grand Toulouse, dont il est le président, qu’il a fait connaître sa décision.Ce renoncement était déjà inscrit par plusieurs sondages préélectoraux soulignant la fragilité politique de Philippe Douste-Blazy à Toulouse. Il a été confirmé dans les urnes lors de l’élection présidentielle, qui a vu Ségolène Royal l’emporter avec près de 59 % dans la circonscription. L’ancien député et maire de la ville, qui n’avait repris le siège de Dominique Baudis que par 400 voix d’écart face à un candidat des Verts, soutenu par le Parti socialiste, en 2002, aura préféré éviter l’humiliation d’une possible défaite après son éviction du gouvernement. Sentant dès 2006 qu’une victoire était possible, le PS a délibérément misé cette fois sur une jeune femme encore inconnue, Catherine Lemorton, pour accentuer l’effet “David contre Goliath” dans la circonscription.De façon quelque peu surprenante, Jean-Luc Moudenc a pour sa part choisi de ne pas revendiquer l’étiquette UMP, préférant se présenter comme “candidat centriste, membre de la majorité présidentielle”. Sa suppléante sera Sofia Herzi, 38 ans, médecin d’origine tunisienne, préférée à Bernadette Paix (UMP), candidate sortante, qui fut la suppléante de Dominique Baudis avant de remplacer Philippe Douste-Blazy à l’Assemblée. S’il est élu, M. Moudenc indique qu’il ne siégera ni avec l’UMP ni avec l’UDF-Mouvement démocrate.Au total, 19 candidats brigueront les suffrages des électeurs toulousains de la première circonscription. M. Douste-Blazy pourrait se voir confier une “mission” auprès du président de la République, selon certains de ses proches rencontrés lors de la visite de Nicolas Sarkozy à l’usine Airbus de Colomiers.Stéphane ThépotArticle paru dans l’édition du 20.05.07.

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