Le “parachute doré” de Noël Forgeard continue de faire parler de lui

La polémique sur la rémunération de l’ancien PDG d’EADS, Noël Forgeard, continue de faire réagir les candidats à la présidentielle, jeudi 12 avril, au premier rang desquels Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, qui a promis la suppression pure et simple des “parachutes dorés”.

En déplacement à Toulouse pour rencontrer les syndicats d’Airbus, le candidat de l’UMP, qui ne s’était pas encore prononcé sur la question, a déclaré qu’il ferait voter une loi interdisant le versement d’indemnités aux patrons d’entreprise qui partent après avoir échoué à la tête de leur société. Sans vouloir faire “de cas particulier”, Nicolas Sarkozy a dit qu’il ne “pouvait pas accepter qu’on dise qu’il n’y a pas les moyens de payer les sous-traitants comme des ‘airbusiens’ mais qu’il y a les moyens de payer des ‘golden parachutes’ pour le patron.”

“La grosse rémunération, elle est légitime parce qu’il y a un grand risque. Avec le ‘golden parachute’, il n’y a plus de risque”, a ajouté M. Sarkozy, ajoutant qu’il souhaitait également élargir l’attribution des stock-options au sein des entreprises. “Je n’accepte pas des plans de stock-options réservés à des groupes de dix personnes dans des groupes de plusieurs milliers”, a-t-il expliqué.

LES INDEMNITÉS DOIVENT ÊTRE “REVERSÉES” À EADS

La candidate socialiste, Ségolène Royal, qui avait qualifié l’affaire de “scandale” et de “provocation”, mercredi, a demandé que les plus-values réalisées par l’ex-PDG et par Arnaud Lagardère, ainsi que les indemnités “exorbitantes” perçues par M. Forgeard, “soient reversées” au groupe aéronautique. Elle rappelle également qu’elle s’engage à “encadrer par la loi le montant et les conditions de versement des rémunérations des dirigeants” et à “assurer la pleine transparence de ces avantages en rendant obligatoire leur publication”.

Hormis ses indemnités, à hauteur de 6 millions d’euros, Noël Forgeard a également perçu 2,5 millions d’euros grâce à ses titres dans la société après son départ de la société mère d’Airbus, en juillet, en pleine tourmente pour retard de production de l’A380.

M. Forgeard ne toucherait pas un salaire de 100 000 euros, en plus de ses indemnités

L’entourage de Noël Forgeard a “catégoriquement” démenti, jeudi, les informations de l’hebdomadaire Marianne selon lesquelles l’ancien PDG d’EADS touchera, en plus de ses indemnités, un salaire mensuel de 100 000 euros. “Nous démentons formellement et catégoriquement le montant de retraite calculé par Marianne”, a indiqué un membre de l’entourage de M. Forgeard. “Noël Forgeard touchera une retraite complémentaire conforme aux règles contractuelles du groupe et applicables à l’ensemble des cadres supérieurs, au titre de ses huit années passées chez Airbus puis chez EADS, mais qui n’a rien à voir avec les montants exorbitants avancés” par l’hebdomadaire, a-t-on ajouté de même source, sans toutefois préciser le montant de cette retraite. (avec AFP)

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 12.04.07 | 20h12

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