Campagne en plein ciel pour M. Sarkozy sur le vol Paris-Pointe-à-Pitre

On l’a vu mener campagne dans des usines, dans des écoles. Au bord de la mer, à la montagne. On ne l’avait encore pas vu pratiquer cet exercice en avion. C’est chose faite. Jeudi 22 mars, Nicolas Sarkozy, en partance pour la Guadeloupe, a profité du retard de l’appareil au décollage de Paris pour signer des autographes à tour de bras, se faire photographier par les passagers et filmer par les caméras de France 2 comme si à quatre semaines du premier tour il n’y avait plus une seconde à perdre.Ce retard, il est vrai, lui était en partie imputable. Le personnel au sol ayant appris sa présence dans l’Airbus à destination de Pointe-à-Pitre avait décidé de bloquer l’acheminement des bagages jusqu’à la soute. Pas de problème pour le futur ex-ministre de l’intérieur qui a immédiatement reçu une partie d’entre eux pour écouter leurs revendications. On se contentera de sa version : “Tout s’est bien passé. Les gens comprennent mon message”, a-t-il déclaré aux journalistes qui l’accompagnaient. “Champagne pour tout le monde”, lâche-t-il provoquant une légère panique chez le personnel de bord. Alors que les passagers, intrigués par un va-et-vient de caméras et d’appareils photo découvrent sa présence à bord, il fanfaronne : “On va finir par croire que je vais être élu.” Décollage. Tout juste “libéré” de ses obligations ministérielles par Jacques Chirac, il se veut zen, décontracté. Un passager parmi d’autres. Multipliant les apartés avec la presse, il est revenu sur le soutien apporté par le chef de l’Etat à sa candidature. Il en a, affirme-t-il, “discuté” tous les détails avec ce dernier. “Je savais, dit-il, où, quand et comment il allait dire les choses.” Une manière de souligner que si ce ralliement peut apparaître minimal, M. Sarkozy n’en souhaitait pas de plus encombrant. Le “cas” Bayrou qui est devenu son adversaire le plus pugnace est évoqué par ces mots : “Agressif, fébrile, violent. A plus de 20 % dans les sondages, il ne peut pas se contenter de me cogner”. Le “cas” Royal est expédié d’une phrase : “Elle n’est pas battue, mais pas imbattable”.Le candidat retourne au fond de l’avion signer d’autres autographes. Aux radios qui l’interrogent entre deux rangées de sièges, il se change en “gentil organisateur”. “Le voyage est long, huit heures. Cela fait passer le temps. C’est sympa, les passagers sont mes amis. Ils partent en vacances et moi je vais travailler. Ils sont tous sympas. Air France peut me remercier, j’ai fait l’animation.” Atterrissage.Philippe Ridet (Pointe-à-Pitre, Envoyé Spécial)Article paru dans l’édition du 24.03.07.

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