Philippe Meyer presse les journalistes d’afficher leur choix

Dans son émission hebdomadaire sur France-Culture, dimanche 25 février, le journaliste Philippe Meyer est revenu sur l'”affaire” Alain Duhamel. Ce dernier a été suspendu par France Télévisions et RTL durant la campagne présidentielle après la diffusion sur le Net d’images prises à son insu au cours d’une rencontre avec des étudiants de Sciences Po Paris, en novembre 2006. Il y déclarait que François Bayrou était quelqu’un qu’il aimait bien et qu’il voterait pour lui.“Si l’utilisation d’images volées, prises dans un cercle privé à l’insu de l’intéressé et diffusées sans qu’il en soit informé devient une pratique légitimée – et c’est bien ce que viennent de faire France Télévisions et RTL -, n’importe quel journaliste amené, comme tout le monde, à exprimer ses choix (…) peut se trouver dans la même situation”, s’est-il insurgé.M. Meyer estime que “le meilleur moyen – et sans doute le seul – d’empêcher cette situation est que chaque journaliste chargé de suivre les affaires publiques déclare sans haine et sans crainte pour quel candidat il penche”. Ce qu’il juge préférable à une situation où “les lecteurs, les auditeurs et les téléspectateurs (…) se montrent choqués que telle rédaction paraisse rouler à visage masqué pour la candidate socialiste ou que telle autre fasse feu de n’importe quel bois pour appuyer le candidat de l’UMP sans avoir la franchise de se déclarer en sa faveur”.”C’est en vertu de cette analyse, poursuit-il, que je déclare que, si je devais me rendre aux urnes ce dimanche, je voterais pour François Bayrou. (…) Je prétends toutefois que ce choix ne m’empêchera pas plus de faire mon métier au plus près de l’exigence d’impartialité que leurs anciens engagements n’empêcheront ou n’empêchent M. Debré d’exercer avec le même souci les fonctions de président du Conseil constitutionnel, M. Séguin celles de premier président de la Cour des comptes ou M. Boyon celles de président du Conseil supérieur de l’audiovisuel.” “A bon entendeur, salut et bas les masques”, a-t-il conclu.Patrick RogerArticle paru dans l’édition du 27.02.07.

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