Le chantier du lanceur “Soyouz” inauguré en Guyane

KOUROU (Reuters) – Le chantier du pas de tir de la fusée russe “Soyouz”, dont le premier lancement est prévu fin 2008 de Guyane, a été inauguré par des Russes et des Européens au Centre Spatial Guyanais (CSG).

Le coût du projet “Soyouz” est évalué à 344 millions d’euros, dont 223 millions à la charge de sept états membres de l’Agence Spatiale Européenne (dont 63 % pour la France) et de l`Union Européenne, et 121 millions couverts par un prêt contracté par Arianespace auprès de la Banque Européenne d’Investissement, selon les chiffres communiqués par l’ASE.

La partie russe apporte la fusée et la technologie. Mise en service en 1957, la fusée “Soyouz” a réalisé plus de 1.718 lancements à ce jour, selon la société Starsem.

La possibilité de réaliser des vols habités depuis le CSG, “même s’il n’y a aujourd’hui aucun projet concret”, est évoquée parmi les intérêts du projet dont le chantier est déjà bien avancé.

Les grands terrassements sont achevés, le deuxième étage du centre de lancement et les fondations du futur bâtiment d’assemblage de “Soyouz” sont en cours de construction, et un carneau de 22 mètres de profondeur a été creusé afin d’accueillir les gaz d’échappement de “Soyouz”, a constaté Reuters sur place.

“Soyouz est une des pierres qui prépare une coopération à long terme avec la Russie dans le domaine des futurs lanceurs, de la science, ou de l’observation de la terre”, a dit à Reuters Jean-Jacques Dordain, directeur général de l`ASE, maître d’oeuvre du projet.

Créée en 1996, la société européenne et russe Starsem a lancé 17 “Soyouz” depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, dans le cadre de missions commerciales ou scientifiques.

Depuis la Guyane, le lanceur ‘moyen’ “Soyouz” pourra mettre sur orbite de transfert géostationnaire des satellites d’environ trois tonnes, selon Arianespace, la société européenne qui exploitera la fusée russe au CSG.

Le responsable de l’Agence Spatiale russe Roscosmos, Anatoly Perminov, a déposé symboliquement sur le site guyanais de la future base “Soyouz” une pierre baptisée “Gagarine”, prélevée sur le cosmodrome de Baïkonour où Youri Gagarine a décollé en avril 1961 à bord, déjà, d’un “Soyouz” pour accomplir le premier vol spatial habité de l’humanité.

“Notre business plan est de deux à quatre tirs par ans”, a expliqué Jean-Yves Le Gall, directeur général d’Arianespace, qui commercialise les lancements “Soyouz” depuis la Guyane pour compléter son offre de lancement, entre le lanceur lourd “Ariane 5” et le futur lanceur léger “Vega”.

“Je suis convaincu que nous feront au moins deux lancements Soyouz en 2009, et pourquoi pas trois ou quatre. Aujourd’hui, le marché est très enthousiaste”, a-t-il estimé.

“Pour tous les contrats de lancements de petits satellites en orbite de transfert géostationnaire, nous avons deux possibilités, entre Ariane et Soyouz. Nous vendrons chaque lancement Soyouz de 40 à 50 millions d’euros, mais je pense que l’on sera plus proche de 50 que de 40”, a ajouté le directeur général d’Arianespace.

26.02.07 | 21h16

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