Des difficultés d’organisation fragilisent le programme européen Galileo

LE MONDE | 18.01.07 | 15h25 • Mis à jour le 18.01.07 | 15h26

Dans le programme de l’Agence spatiale européenne (ESA) en 2007, présenté mercredi 17 janvier par son directeur général, Jean-Jacques Dordain, le lancement du satellite expérimental Giove-B ne figure qu’en novembre, soit plus d’un an après la date initiale.

En soi, ce délai ne compromet pas la poursuite du programme européen de navigation par satellite Galileo, dont Giove-B doit tester plusieurs technologies. Depuis un an, Giove-A, son frère éclaireur, émet en orbite, ce qui permet de conserver l’usage légal des fréquences attribuées au futur concurrent du système américain GPS. Le retard de Giove-B fait toutefois apparaître des pesanteurs, industrielles et politiques, qui pourraient menacer l’essor du projet.

La cause de ce retard est connue : la panne d’un composant de l’ordinateur de bord au cours des essais. Ce genre d’incident n’est pas exceptionnel dans le parcours d’un satellite expérimental. Mais les trois rapports commandés par l’ESA ont montré que les difficultés techniques se doublaient de “problèmes d’organisation”, comme l’a indiqué M. Dordain.

A l’initiative du programme avec la Commission européenne, l’ESA porte la responsabilité du développement de ces deux précurseurs, puis de celui de quatre autres satellites qui permettront de valider le système en orbite, à partir de 2009. Ce avant que 26 autres appareils ne complètent la constellation pour une exploitation commerciale fixée à la fin 2010, et gérée, cette fois, par un concessionnaire qui reste à nommer. Mercredi, M. Dordain a laissé entendre que l’ESA ne poursuivrait pas cette phase de validation sans que des changements permettent d’être sûr “qu’elle se passera correctement”.

Attendues en mars, ces décisions devraient clarifier le fonctionnement de Galileo Industries, la structure regroupant les poids lourds du secteur spatial européen – parmi lesquels EADS, Alcatel, Thalès, Finmeccanica -, chargée de construire les satellites. Entre ces mastodontes, le souci d’équilibre des retombées économiques a parfois conduit à confier certaines tâches à des unités qui n’en avaient pas le savoir-faire. Avec deux centres de décision, à Munich et Rome, “la chaîne de décision s’est allongée, ce qui n’incite pas à la responsabilisation”, note un connaisseur du dossier.

Ces difficultés sont renforcées par le fait que les partenaires de Galileo Industries sont aussi pressentis pour devenir les concessionnaires du système. Or la négociation du contrat de concession a pris du retard et achoppe notamment sur le partage des risques liés au programme. Jacques Barrot, le commissaire européen chargé des transports, espère désormais une signature avant la fin 2007, au lieu de la fin 2006 comme prévu initialement.

Un compromis sur les principaux éléments du futur contrat n’est pas attendu avant mars, dans le meilleur des cas. Cette étape est pourtant indispensable pour finaliser le financement de la phase de déploiement et d’exploitation du programme, tant du côté public, entre la Commission et le Parlement européen, que du côté privé, entre les entreprises et leurs banques. Ces discussions sont encore compliquées par les tractations entre Etats sur le siège définitif de l’Autorité de surveillance, chargée depuis le début de l’année de piloter le projet pour le compte de l’UE.

Jérôme Fenoglio et Philippe Ricard, à Bruxelles
Article paru dans l’édition du 19.01.07.

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