Lionel Jospin, voix nouée et larmes aux yeux, crève l’abcès du 21 avril

AFP 26.08.06 | 18h34

Lionel Jospin a crevé l’abcès de l’échec du 21 avril 2002, la voix nouée par l’émotion et les larmes aux yeux, samedi, lors de l’Université d’été du PS. Il a livré devant les Jeunes socialistes le pourquoi de sa décision annoncée au soir du 21 avril de quitter la vie politique, se disant convaincu que son retrait “augmentait les chances” des socialistes de prendre aux législatives de juin 2002 leur revanche de la présidentielle perdue.

“Si je respectais totalement le vote, si je réagissais comme un homme libre, si je prenais sur moi symboliquement, physiquement et tristement le choc de la défaite, alors vos chances en étaient augmentées pour la bataille législative, et non pas affaiblies”, a déclaré l’ancien Premier ministre. Le “naufragé du 21 avril”, voix à demi cassée et larmes aux yeux, a eu du mal à terminer sa phrase. La salle, comble (au moins 700 jeunes), l’a aidé en l’applaudissant à tout rompre, sous le coup de l’émotion elle aussi. Dans ce qui a pris l’allure d’une catharsis collective, Lionel Jospin répondait à l’interpellation d’une jeune militante qui lui demandait: “Camarade, es-tu parti, es-tu revenu ? Réponds franchement”. Evoquant la fameuse phrase sur son retrait, vécue comme un abandon sur le champ de bataille, Lionel Jospin a réfuté cette “confusion entre guerre et démocratie”. Même si on admet “cette rhétorique guerrière absurde”, “est-ce que vous avez vu beaucoup d’armées qui partent à une deuxième bataille avec un général qui vient d’être vaincu ?”, a-t-il lancé. “Jamais le peuple n’a à s’excuser de ses décisions. Je ne voudrais pas que vous pensiez que (mon retrait) relevait d’un orgueil dont il ne me semble pas que je sois porteur”, a-t-il ajouté. “Le 21 avril était pour moi une épreuve cruelle, soudaine, inattendue, qui m’a profondément touché”, a poursuivi l’ex-Premier ministre. “Au-delà même des divisions qui l’ont en partie expliqué après cinq ans d’action que nous avions menée, je ne pensais pas que cela était possible”. “En annonçant (mon) retrait”, a-t-il repris, “j’ai voulu marquer que j’acceptais l’arrêt du peuple, j’allais jusqu’au bout de la violence du geste du peuple”. A un moment, Lionel Jospin a commis un lapsus: “Je ne ne vous ai pas accompagnés”, a-t-il dit avant de se reprendre: “Je ne vous ai pas abandonnés, je vous ai accompagnés”.

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