Quatre chaînes locales parisiennes sur la TNT

LE MONDE | 19.07.06 | 14h37 • Mis à jour le 19.07.06 | 14h38

Ce sera probablement la dernière grande décision de Dominique Baudis avant son départ de la présidence du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), en janvier 2007. La réunion plénière du Conseil, mardi 18 juillet, a entériné le principe du lancement, mardi 25 juillet, d’un appel d’offres en vue de l’attribution de fréquences sur la télévision numérique terrestre (TNT) pour des chaînes locales en Ile-de-France.

Les auditions des candidats auraient lieu à l’automne, pour une décision fin 2006, début 2007 – avant la fin du mandat de l’actuel président du CSA, donc.

Reste à définir le nombre de canaux qui seront ouverts à ces chaînes locales. Selon la lettre Satellifax de mercredi 19 juillet, le Conseil aurait opté pour quatre canaux TNT destinés à des chaînes privées, payantes ou gratuites, et envisagerait deux canaux supplémentaires : l’un pour France Ô, la chaîne de RFO, filiale d’outre-mer de France Télévisions – un choix de diffusion métropolitaine sur la TNT voulu par Jacques Chirac ; l’autre réservé à des services et à la radio.

Pour ce qui concerne les télévisions locales franciliennes, les candidats ne manquent pas. Le groupe Amaury, éditeur du quotidien Le Parisien, est très intéressé par le dossier. Le groupe France Antilles, propriété de la famille Hersant, éditeur de 31 titres de presse régionale (Paris Normandie, L’Union de Reims…) et départementale en métropole et Outre-Mer, est également sur les rangs. Sa filiale Antennes locales est déjà opérateur de télévisions locales dans l’Hexagone (TéléGrenoble, TéléTroyes…).

Le groupe NRJ, présent sur la TNT nationale avec sa chaîne musicale NRJ 12, et dans la télévision locale à Montpellier, devrait aussi déposer un dossier de candidature à Paris. Il pourrait se retrouver en concurrence frontale avec Trace TV, chaîne de musique et de culture “urbaines”, qui veut sortir de la confidentialité qui est la sienne sur le câble et le satellite.

PARIS ET HUIT DÉPARTEMENTS

Ces opérateurs de médias devront compter avec la concurrence – ou le partenariat éventuel – de deux établissements financiers très attachés à la “proximité” : La Poste et les Caisses d’épargne. L’ensemble de ces candidats est évidemment intéressé par le marché publicitaire francilien. D’autant que le CSA a retenu la zone la plus large : le bassin d’habitants concernés, sur Paris et les huit départements alentours, totalise 4,5 millions de ménages, soit 10,8 millions de personnes de 4 ans et plus. Un marché publicitaire global, tous médias confondus, évalué à 2,5 milliards d’euros, dont une télévision locale peut espérer prendre entre 1,5 et 3 %, selon les études menées par Antennes locales.

Or ce seuil de 10 millions de téléspectateurs potentiels, selon la loi, est celui qui définit le caractère national d’une télévision généraliste – avec les avantages (la possibilité de capter la publicité nationale) et les inconvénients (les quotas de diffusion et de production) qui s’y attachent.

Face à cette concurrence privée qui s’annonce, la chaîne publique France 3 serait en train de réfléchir à un redécoupage plus cohérent de sa région Paris-Ile-de-France-Centre, qui s’étend de la capitale à Orléans, Tours et Châteauroux.

Pascal Galinier
Article paru dans l’édition du 20.07.06

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