De l’Elysée à la place de la Concorde, l’hommage rendu aux Bleus

LE MONDE | 11.07.06 | 13h25 • Mis à jour le 11.07.06 | 13h25

Mystère et suspense, la dramaturgie des Bleus aura duré au-delà du Mondial. D’abord, bien sûr, Zinédine Zidane. Viendrait, viendrait pas, au déjeuner offert par Jacques Chirac, lundi 10 juillet, à l’Elysée ? On savait le capitaine de l’équipe de France très abattu, après son carton rouge, pour un coup de tête dans le sternum de l’italien Marco Materazzi. Pas le coeur aux honneurs.

A Berlin, dimanche soir, après la défaite, le président et le ministre des sports, Jean-François Lamour, n’avaient pas prévu d’aller voir les hommes au vestiaire, puisque ce déjeuner était programmé.

“Allons-y quand même, ils sont tellement tristes”, avait décidé M. Chirac, qui s’était isolé longuement avec “Zizou”. Il a sans doute trouvé les mots, puisque, après bien des hésitations, le capitaine de l’équipe de France est apparu, côté jardin, sur le perron de l’Elysée, vers 14 heures, en compagnie du chef de l’Etat, précédé par Bernadette Chirac et l’entraîneur de l’équipe, Raymond Domenech.

Que se sont dit le président et le capitaine ? Peut-être des paroles de réconfort du premier, qui sait ce que gagner et perdre veut dire et le poids des épreuves. Peut-être une confidence du second, qui s’en voulait tant d’avoir disjoncté sur une provocation imbécile. Eux seuls le savent. Mais, évidemment, tout le monde a envie de savoir.

Les autres joueurs, très élégants avec ou sans cravate, face à leurs épouses, aux dignitaires du football et à Dominique de Villepin ont écouté les quelques mots du chef de l’Etat.

UN HOMMAGE APPUYÉ

“La France vous aime et vous admire”, a résumé M. Chirac. Il a eu des mots de consolation, de sagesse et d’affection. Il a salué l’esprit d’équipe et rendu un hommage appuyé au capitaine, “au moment le plus intense et peut-être à un moment dur de (sa) carrière”. Il s’est réjoui qu’il ait été sacré, le matin, meilleur joueur du Mondial.

Le président a eu un compliment pour Raymond Domenech, qu’il a régulièrement appelé pendant la compétition, et a conclu : “La France est forte quand elle est rassemblée dans sa diversité et quand elle a confiance en elle.”

Allons, il fallait bien manger, car le personnel de l’Elysée s’était surpassé, jusqu’au dessert, en forme de demi-ballon de football. Il y a eu des autographes, y compris pour Martin Rey-Chirac, le fils de Claude Chirac, vêtu du maillot bleu, qui s’est faufilé avec un ami dans la salle à manger.

A la sortie, Thierry Henry, souriant, s’est attardé sur le perron. Djibril Cissé en a descendu les marches avec sa canne et beaucoup de précautions. Willy Sagnol, Lilian Thuram et les autres ont filé, le visage toujours fermé, vers la Concorde où les attendaient les supporteurs.

Zinédine Zidane a, enfin, esquissé un sourire et un geste timide de la main. Raymond Domenech s’est fait supplier : “Raymond, un mot !” Il y a consenti : “Au revoir !”

Mais où donc était Fabien Barthez ? Disparu, envolé. Officiellement, pour des raisons familiales.

Béatrice Gurrey
Article paru dans l’édition du 12.07.06

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