Les jolies pochettes surprises de Laurent Voulzy

LE MONDE | 03.07.06 | 15h44 • Mis à jour le 03.07.06 | 15h44
Le chanteur Laurent Voulzy en concert lors de la Fête de la musique à Paris, le 21 juin 2006.

AFP/OLIVIER LABAN-MATTEI

Eté 1977, les radios diffusent en boucle le disque 45-tours Rockollection. L’hommage de Laurent Voulzy aux groupes qui ont accompagné son adolescence, les Beatles, Beach Boys, Bee Gees, Rolling Stones ou Them. En avance d’un an sur le trentième anniversaire de ce tube dansant, Voulzy estival se tourne à nouveau vers des compositions des autres avec La Septième Vague, album de reprise de chansons des années 1950 à 1980, orientées ballades.

Aux évidences de ses héros, Voulzy a préféré les faces B, et son choix de succès se révèle plutôt inattendu. Les Beatles ou Simon & Garfunkel sont certes là, mais les premiers avec Here There and Everywhere et les seconds avec The 59th Street Bridge Song (en duo avec Alain Souchon).

Côté succès, Clair, de Gilbert O’Sullivan. Il fallait y penser, ou bien avoir passé des séjours linguistiques en Angleterre en 1972 (nostalgie amoureuse). Quant à Smooth Operator, ce tube planétaire de la chanteuse Sade en 1984 semblait, par sa froide distance, éloigné de l’univers de Voulzy.

DISCRÈTES TROUVAILLES

Le chanteur fait renaître par Yesterday Once More, romance “sha-la-la-la, wo-o-o”, le duo américain des Carpenter, peu connu dans l’Hexagone. Le public français a aussi plus en mémoire Pendant les vacances, par Sheila, que l’original des Everly Brothers ici repris, All I Have To Do Is Dream (avec Andrea, des Corrs).

On ne trouvera pas ici les flamboyances sophistiquées du disque précédent de Voulzy, Avril (2001), toujours d’une beauté formidable à chaque écoute. Guitares, cordes, claviers et percussions : dans La Septième Vague, l’acoustique domine, dans une ambiance générale de fredonnements autour d’un feu de camp. Pied de nez, Santiano, chanson ultime du feu de camp et moquerie régulière à l’égard d’Hugues Aufray, évolue vers un traitement presque électro-ambiant.

Débarrassé de la “charge” de musiques et textes, Voulzy est ici seulement interprète. Sans s’éloigner des originaux, il ne donne pas dans l’exactitude mimétique – parti pris de Todd Rundgren dans le disque Faithfull (fidèle) -, encore moins dans le détournement – poussé à ses extrêmes par le mystérieux groupe The Residents. La Septième Vague est ainsi un disque d’arrangements sobres et de trouvailles discrètes.

Ici une guitare en contre-chant (La Madrague), là un voile sur la voix et une ampleur de violons (Everybody’s Got to Learn Sometimes, des Korgis), ailleurs des claquements de mains qui donnent une impulsion rythmique (Smooth Operator), un tac-tac sur une bouteille dans le traitement bossa de The Shadow of Your Smile, l’étirement vocal de Light My Fire, des Doors, qui s’ébroue dans une évocation d’Afrique.

L’art de Voulzy consiste à rappeler que chacune de ces chansons représente à la fois des petites notes de musique sans plus d’importance que cela et une perle intouchable.

La Septième Vague, de Laurent Voulzy, 1 CD RCA/Sony-BMG.
Sylvain Siclier
Article paru dans l’édition du 04.07.06

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