Patrick de Carolis tente de rassurer les documentaristes sur ses intentions

LE MONDE | 30.06.06 | 13h52 • Mis à jour le 30.06.06 | 13h52
LA ROCHELLE ENVOYÉE SPÉCIALE

Il était très attendu par les documentaristes venus participer à la 17e édition de Sunny Side of the doc, le marché international du documentaire, à La Rochelle, du 27 au 30 juin. Patrick de Carolis, le président de France Télévisions, a réaffirmé, jeudi 29 juin, son “engagement en faveur du documentaire, marque de fabrique du service public”.

Pour preuve : “Une programmation régulière en prime time débutera en septembre sur France 2, France 3 et France 5”, a promis le PDG. Le budget consacré à ce genre télévisuel par le groupe public atteint désormais 79 millions d’euros. France 2 va continuer à proposer un documentaire par mois en première partie de soirée, consacré à l’histoire ou aux sciences. Le Chirac de Patrick Rotman sera à l’antenne “avant mars 2007”, a assuré Fabrice Puchault, chargé des documentaires de la chaîne.

De son côté, France 3 annonce vingt documentaires inédits. La case “Histoires d’aujourd’hui”, en début de soirée le lundi, s’intéressera prochainement à l’armée française (La Meilleure façon de marcher, de Gaël Leblanc) ou à la police (Roubaix, commissariat central, de Mosco Boucault).

Les bonnes intentions affichées par M. de Carolis laissent sceptique Jacques Peskine, délégué général de l’Union syndicale de la production audiovisuelle (USPA). “La réalité que nous trouvons en face de nous n’est pas à la hauteur des déclarations du président de France Télévisions, dit-il. Nous constatons une tendance “people”. Les chaînes demandent des personnalités connues, ce qui est antinomique avec le documentaire de création.” L’USPA dénonce aussi la course à l’audience. “A France 2, l’angoisse de l’audience s’étend à l’ensemble de la programmation documentaire, et les règles du prime time gagnent les autres tranches horaires.”

FER DE LANCE

Si les producteurs saluent les efforts budgétaires consentis par les chaînes, leur crainte est de voir le documentaire d’auteur sacrifié au profit du “docu-fiction” et autres formes hybrides. Le projet “Au bout du monde” de France 2, “jeu-documentaire” qui devait immerger six candidats au sein de peuples primitifs, avait suscité la colère des spécialistes et l’émoi des documentaristes face à une émission flirtant avec la télé-réalité – d’ailleurs produit par une filiale d’Endemol. France 2 a préféré renoncer (Le Monde du 30 juin).

Dans le sillage de France Télévisions, d’autres chaînes entendent faire du documentaire un fer de lance. “Le documentaire doit être un pilier identitaire de Canal+. C’est une façon d’exprimer la ligne éditoriale et les valeurs humanistes qui sont les nôtres”, affirme ainsi Rodolphe Belmer, directeur général adjoint de la chaîne cryptée, qui diffusera à l’automne plusieurs films sur la prison, le travail ou le racisme au quotidien.

De son côté, Jérôme Clément, président d’Arte, rappelle : “Le genre représente 42 % de notre programmation en soirée.” En 2006, treize des vingt meilleures audiences de la chaîne culturelle franco-allemande ont été réalisées par des documentaires.

Catherine Bédarida
Article paru dans l’édition du 01.07.06

This entry was posted in media-com. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Please log in using one of these methods to post your comment:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s