Un animateur très médiatisé, roi de la provocation

LE MONDE | 29.05.06 | 13h44 • Mis à jour le 29.05.06 | 13h44

Les origines sociales m’ont fait côtoyer des travailleurs au chômage, et je ne vais pas faire le coup du nouveau pauvre. Je ne vais pas aller me plaindre de mon sort dans tous les médias du pays.” Le ton de la missive envoyée ce week-end à Patrick de Carolis, toute en ironie et tutoiement, résume le personnage de Thierry Ardisson.

Pour la deuxième fois, l'”homme en noir” de la télévision française se retrouve donc à la porte de France Télévisions. En 1995, il fut débarqué par Jean-Pierre Elkabbach, alors PDG de la holding publique, qui tombera lui-même sur “l’affaire” des animateurs producteurs. Il revient en 1998, signant un contrat sur France 2 avec Patrice Duhamel, aujourd’hui directeur général de France Télévisions. Le voilà exclu à nouveau du service public après un bras de fer perdu avec M. de Carolis. Bénéficiant à cette occasion d’une couverture de Paris Match sur l'”épreuve”…

On ne risque pas de retrouver Thierry Ardisson dans les files d’attente de l’ANPE. Cet ancien publicitaire, qui se définit plus comme un “concepteur” d’émissions que comme un “animateur-producteur”, a beau jeu de rappeler que, “sur (son) CV, il y a la liste des émissions que j’ai produites et/ou animées pour France 2 : “Lunettes noires pour nuits blanches”, “Double Jeu”, “Frou Frou”, “Tout le monde en parle”, “On a tout essayé”…” Il peut y ajouter celles produites pour d’autres chaînes, comme “Rive droite, rive gauche” (Paris Première).

Rien ne prédestinait ce natif d’Issoire (Puy-de-Dôme) à devenir l’animateur vedette que l’on connaît. Après une enfance ballottée par les déménagements incessants de son père, chef de chantier, ce passionné de science-fiction décide de quitter l’Auvergne avec une seule idée en tête : gagner beaucoup d’argent et devenir célèbre. A 17 ans, un patron de boîte de nuit, à Juan-les-Pins, lui propose un travail de “DJ” pour l’été.

“C’est comme ça que ma vraie vie a démarré. Une vie avec de la musique, du spectacle, de la drogue, des voyages, des femmes, du sexe, du fric, des journaux, des livres, la télé”, raconte-t-il dans ses Confessions d’un baby-boomer, un livre d’entretiens avec Philippe Kieffer, paru en 2005 (Ed. Flammarion, 359 pages, 19,90 euros).

Puis, ce fut Paris où, un beau matin, il entre au culot dans l’immeuble de Publicis pour se faire embaucher. En quelques années, il devient un jeune loup de la pub et fonde sa propre agence, qu’il appelle tout simplement “Business” et avec laquelle il gagnera beaucoup d’argent. “Vas-y Wasa”, c’est lui. “Quand c’est trop, c’est Tropico”, c’est lui aussi.

Dandy, provocateur, catholique et monarchiste, Thierry Ardisson s’est fait, à l’instar d’un Karl Zéro, un des apôtres du mélange des genres. On se souvient de l’invitation de Thierry Meyssan, le négateur du 11-Septembre, sur le plateau de “Tout le monde en parle”. Il s’est aussi fait “épingler” pour avoir commis un plagiat dans son roman Pondichéry, paru en 1993 (Ed. Albin Michel). En bon catholique, il a avoué sa faute, mais le livre a été retiré de la vente par son éditeur.

Daniel Psenny
Article paru dans l’édition du 30.05.06

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