Malgré la flambée des prix du pétrole, Air France-KLM enregistre des profits records

LE MONDE | 18.05.06 | 14h03 • Mis à jour le 18.05.06 | 14h03

Tandis que les prix du pétrole flambent, les résultats d’Air France-KLM, présentés jeudi 18 mai, sont toujours aussi insolents. Depuis près de dix ans, la compagnie aérienne enchaîne les bons résultats et continue de faire figure d’exception dans le ciel mondial. Pour l’année qui s’est achevée le 31 mars, le groupe Air France-KLM a dégagé un chiffre d’affaires de 21,44 milliards d’euros (+10 %) et un résultat d’exploitation en progression de 69 %, à 936 millions d’euros. Le résultat net, pour sa part, s’est élevé à 913 millions d’euros, en hausse de 29,3 %.

Un profit enregistré”sans exceptionnel et sans conventions comptables diverses et variées” précise Jean-Cyril Spinetta, le président d’Air France-KLM. “C’est vraiment la performance économique de l’entrepise qui s’améliore de 69 %. La meilleure de l’histoire d’Air France et d’Air France-KLM”, précise M. Spinetta, qui est arrivé à la tête d’Air France en 1997.

Plusieurs facteurs ont permis au groupe franco-néerlandais de parvenir à ce résultat. “Même si les Européens ne le voient pas forcément, il y a une croissance économique mondiale très forte dont bénéficie la compagnie. Il y a une forte demande de transport de la part des Français, mais aussi des européens, ainsi que du reste monde”, avance d’abord M. Spinetta.

Le prix du pétrole – dont les cours élevés reflètent aussi cette croissance mondiale – a certes pénalisé l’entreprise mais la qualité de la couverture de la compagnie en matière de besoin pétrolier a permis de limiter les dégâts.

Le groupe Air France-KLM a, par ailleurs, bénéficié “pleinement”, affirme M. Spinetta, des synergies permises par la fusion des deux entreprises – achats, réseaux, politiques tarifaires, mise en commun des programmes de fidélisation, appartenance à SkyTeam.

RÉDUCTION DES COÛTS

Elles doivent représenter 670 millions d’euros sur cinq ans, entre la fusion, en 2004, et 2009. Pour mémoire, elles ont représenté 115 millions d’euros sur l’exercice 2004-2005 et elles sont estimées à 350 millions d’euros pour celui qui s’est achevé le 31 mars. En deux ans, ce sont donc déjà 465 millions d’euros d’économies qui ont été réalisées.

Enfin, la politique de réduction des coûts engagée depuis de nombreuses années par l’entreprise continue de porter ses fruits : hors effet pétrole et effet de change, les coûts ont diminué de 2,7 % l’an dernier.”On est bien rentré dans un processus de compétitivité, de productivité, de réduction de nos coûts pour maintenir nos positions et améliorer notre rentabilité”, assure M. Spinetta.

Pour l’exercice en cours – dont les deux premiers mois sont déjà qualifiés de”très bons” par l’entreprise -, le président d’Air France-KLM compte faire “au moins aussi bien” que l’exercice 2004-2005, et même “un peu mieux”.

D’abord parce que la couverture pétrolière prise est “très bonne”. Les besoins de la compagnie en kérosène sont couverts à hauteur de 77 %, ce qui lui donne une capacité de résistance face à l’augmentation des prix du pétrole “tout à fait remarquable”, juge M. Spinetta. Le groupe a dépensé en 2005-2006 5,4 milliards de dollars (4,23 milliards d’euros) pour acheter son pétrole, soit 1 milliard de dollars de plus qu’au cours du précédent exercice. Il espère maintenir la facture grosso modo à ce niveau (4,4 milliards d’euros précisément) en 2006-2007.

M. Spinetta table ensuite sur une croissance du chiffre d’affaires de “5 % par an pour les trois ou quatre prochaines années”. Il compte sur les zones à forte croissance économique, comme l’Asie, la Chine, l’Inde, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe de l’est et centrale. “Sans oublier l’Amérique latine où le groupe est devenu la première compagnie européenne pour la desservir au départ de l’Europe.”

Enfin, la poursuite de la réduction de la dette est un atout supplémentaire pour l’avenir : “À l’époque de la fusion, le ratio d’endettement sur fonds propres du groupe était de 1,30 %. Il est aujourd’hui de 0,56 % avec une dette nette de 4,4 milliards d’euros”, se félicite le patron d’Air France. “L’objectif est de continuer à dégager chaque année une trésorerie disponible – nos investissements doivent être inférieurs à notre capacité de financement – qui permettra de réduire encore le montant de la dette”, ajoute M. Spinetta.

Pour le président d’Air France, “un endettement faible permet d’avoir les mains libres s’il y a des occasions à saisir”. Pourquoi pas une prise de participation dans une compagnie américaine ? M. Spinetta estime que “c’est encore prématuré” même si la perspective le tente. “Il n’y pas, actuellement, de réflexion particulière mais le devoir d’un grand groupe comme le nôtre, c’est de pouvoir saisir des occasions s’il s’en présente et de conserver une parfaite maîtrise de sa ligne stratégique”.

François Bostnavaron
Article paru dans l’édition du 19.05.06

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