Joëlle Aubron, militante d’Action directe, est morte

LEMONDE.FR | 01.03.06 | 16h41 • Mis à jour le 01.03.06 | 17h36

Joëlle Aubron, membre du groupe Action directe, est morte, mercredi après-midi 1er mars, à l’âge de 46 ans, a annoncé Alain Pojolat, membre du comité de soutien aux militants d’AD emprisonnés. Atteinte d’un cancer du poumon, elle était dans le coma depuis plusieurs jours.
Elle était sortie de prison, le 16 juin 2004, pour raisons médicales après dix-sept ans de détention. Arrêtée le 21 février 1987, elle avait été condamnée en 1989 et 1994 à la réclusion à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de dix-huit ans, pour les assassinats en 1986 du président de Renault, Georges Besse, et en 1985 du général René Audran.

Depuis sa sortie de prison, elle vivait chez ses parents dans l’Yonne, pointait tous les mois pour justifier des soins médicaux qu’elle recevait, et restait proche en pensées de ses “camarades d’AD qui subissent toujours des peines exemplaires”. Elle réclamait la même suspension de peine pour Nathalie Ménigon, incarcérée à Bapaume (Pas-de-Calais) et partiellement hémiplégique à la suite d’accidents vasculaires cérébraux.

MILITANTE JUSQU’AU BOUT

Jusqu’au bout, Joëlle Aubron sera restée une militante. “Ce n’est jamais la haine qui m’a motivée. De la colère oui, mais pas de la haine. Politiquement, pour moi, ces actions avaient leur raison”, déclarait-elle, en mars 2005, à propos des assassinats du PDG de Renault, Georges Besse, et de l’ingénieur général René Audran. Elle déclarait également : “Notre hypothèse a échoué. Néanmoins, je n’ai pas à me renier”. Elle reconnaissait cependant qu'”en choisissant la lutte armée”, elle n’avait “jamais pensé avoir raison”.

Lucide sur sa situation judiciaire, Joëlle Aubron savait que d’un point de vue pénal, les termes de la suspension étaient clairs : “Si je guéris, je retourne en prison. Je suis en sursis”, expliquait-elle. Joëlle Aubron avait été opérée, le 16 mars 2004, d’une tumeur au cerveau. Son cancer principal, aux poumons, avait été détecté un an après sa libération.

Nathalie Ménigon, 47 ans, Jean-Marc Rouillan, 51 ans, et Georges Cipriani, 53 ans, purgent toujours leur peine. Près de 2 000 personnes, dont des responsables politiques de gauche et Verts, ont signé récemment une pétition appelant à la libération de ces trois prisonniers qui vont commencer leur vingtième année de détention.

Avec AFP

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