La mission Corot, ou la quête d’exoplanètes et l’étude des étoiles (AFP)

AFP 18.11.05 | 13h27
Le satellite Corot d’observation stellaire du Centre national d’études spatiales (Cnes), qui sera lancé à l’automne 2006 du centre spatial de Baïkonour, dans le Kazakhstan, sera la première tentative de détection à partir de l’espace de planètes situées hors du système solaire, ou exoplanètes. Cette mission, une “première mondiale”, a souligné devant la presse au Cnes à Toulouse Annie Baglin, de l’Observatoire de Paris, visera un double objectif: rechercher des exoplanètes et étudier la structure interne des étoiles. Corot (“COnvection, ROtation et Transits planétaires”), lancé par une fusée Soyouz 2-1B, sera placé sur une orbite terrestre polaire à une altitude voisine de 850 km d’où il observera certaines parties du ciel sur une période totale de deux ans et demi. Depuis la découverte en 1995 de la première planète hors du système solaire, c’est-à-dire tournant autour d’une étoile semblable au Soleil, les astronomes en ont détectées à partir d’observatoires terrestres quelque 170, de grosses planètes gazeuzes ou des moyennes. La mission Corot, espèrent-ils, devrait permettre de mettre au jour “entre 30 et 40 planètes de taille moyenne, d’une architecture proche de celles du système solaire”. “Avec Corot, on défriche”, a souligné Annie Baglin en précisant que le satellite “va nous permettre de découvrir des systèmes planétaires où il pourrait sans doute y avoir des Terres”. Toutefois, notent les astronomes, de telles planètes faites de roches, plus petites que celles détectées jusqu’à présent, échapperont sans doute aux instruments de Corot, pas encore assez puissants pour de telles observations. la méthode des vitesses radiales Le satellite, pour détecter ces exoplanètes, utilisera la méthode des vitesses radiales, qui recherche les perturbations dans le mouvement des étoiles causées par une éventuelle planète, et celle des transits, l’observation du passage de l’ombre de la planète devant son étoile. Ceci permettra de déterminer leur rayon et leur masse. Il sera ainsi possible de calculer leur densité et de déterminer alors si elles sont gazeuses, liquides ou solides. L’autre mission de Corot, a noté pour sa part le responsable des programmes d’exploration de l’univers au Cnes Richard Bonneville, sera de “mieux comprendre la structure des étoiles, à travers un mode de vibration”, d’oscillation, qui permet indirectement l’étude des intérieurs stellaires. C’est de cette manière que l’on connaît la structure du centre de la Terre ou du Soleil. Des milliers d’étoiles seront observées par le satellite afin de “déterminer leur masse, leur âge et leur composition”, ce qui permettra d’approfondir nos connaissances sur la formation de l’univers. En effet, les éléments chimiques de l’univers se forment dans les étoiles, à différents stades de leur évolution. La mission Corot est un projet du Cnes auquel participeront également l’Esa et les agences spatiales du Brésil, d’Allemagne, d’Autriche et de Belgique. Son coût total est estimé à 150 millions d’euros. Le satellite, qui aura une masse totale de 289 kilos et dont le maître d’oeuvre est la société Alcatel Space, subit les derniers tests à Intespace à Toulouse. Il sera notamment composé d’un télescope, Corotel, de la plate-forme Proteus du Cnes destinée à des missions scientifiques et d’une caméra.

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