Grâce au succès d’Ariane, l’armée reçoit cinq sur cinq

Le satellite Syracuse 3A, lancé vendredi, va décupler ses moyens de communication.

par Sylvestre HUET

QUOTIDIEN : samedi 15 octobre 2005

Total succès pour le tir civilo-militaire d’Ariane, à 0 h 32 vendredi. La fusée européenne s’est élancée à l’heure prévue depuis son pas de tir de Kourou, en Guyane française. Et a mis sur orbite ses deux satellites de télécoms le Syracuse 3A du ministère de la Défense et Galaxy-15 de PanAmSat, destiné au territoire américain avec sa précision habituelle. Un gage de longue durée d’exploitation grâce à l’économie de carburant nécessaire à leur installation définitive. L’opération a été réalisée par les équipes toulousaines du Cnes, l’agence spatiale française, pour Syracuse.

L’enjeu était gros pour les militaires français qui vont enfin disposer d’un moyen de communication à haut débit et totalement sous contrôle, en particulier pour les relations avec les troupes mille hommes actuellement en Afghanistan. Puissant, lourd de 3,7 tonnes, Syracuse 3A a été construit par Alcatel Alenia Space, tandis que Thales s’occupait du segment terrestre. Il va multiplier par dix les capacités de communications à la disposition de l’armée, sur une zone allant de la Bretagne à l’océan Indien. Il devrait être suivi par une copie, Syracuse 3B, dès l’an prochain afin d’élargir la couverture au sol.

Un milliard d’euros. Conçus en coopération avec les systèmes anglais Skynet et italien Sicral, ces satellites viennent d’emporter, par une offre commune de capacités, le marché des télécoms de l’Otan, au détriment de propositions américaines. Selon la Direction général à l’armement (DGA), le système Syracuse a coûté 1 milliard d’euros pour les deux satellites et 1,3 milliard pour les 800 stations terrestres mobiles. Malgré cet investissement et celui engagé dans les satellites d’observation et d’écoute électronique , l’Europe, avec environ 1 milliard d’euros par an, reste très loin des dépenses spatiales militaires américaines, plus de vingt milliards de dollars annuels.

Le succès vient à point également pour Arianespace, la société qui commercialise le lanceur, le spatioport de Kourou, où deux autres tirs sont prévus d’ici à la fin de l’année, et EADS, le constructeur d’Ariane. La fusée utilisée, une Ariane-5 «générique» sa version de base ­ montre ainsi sa fiabilité après 23 tirs.

Stress des ingénieurs. Le prochain lancement, prévu le 9 novembre, sera plus stressant pour les ingénieurs. C’est la version «dix tonnes» dotée d’un étage supérieur plus puissant utilisant oxygène et hydrogène cryogéniques qui sera mobilisée. Cette version a subi un cuisant échec à son premier tir, en décembre 2002, déclenchant une crise financière et un plan «accès garanti à l’espace» sur fonds publics de l’Agence spatiale européenne. En février, un tir «à blanc» s’est déroulé sans anicroche. Ce sera donc le premier vrai tir commercial pour un engin capable de hisser à 36 000 km l’orbite géostationnaire les 6,2 tonnes de Spaceway-2 de Space Systems et les 2 tonnes du satellite indonésien Telkom-2.

Malgré son carnet de commandes de près de 40 satellites à lancer, dont 9 ATV (un cargo automatique pour ravitailler la Station spatiale internationale), l’équilibre financier d’Arianespace suppose entre six et huit tirs par an, de l’aveu de Jean-Yves Le Gall, son directeur général. On en comptera au mieux six en 2006, après cinq cette année.

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